Entrev. SNESUP Ministère

Publié le 4 mai 2004

Entrevue SNESUP-Ministère sur la répartition des emplois

Une délégation du SNESUP a rencontré mardi 4 mai J.P. Korolitski, entouré de représentants de la DES et de la DPE(*), pour discuter des conditions d’attribution des 1000 emplois annoncés par le gouvernement pour l’Enseignement Supérieur, en réponse aux demandes de mesures immédiates du mouvement pour sauver la recherche et l’université.

J.P. Korolitski ouvre la discussion en soulignant le caractère exceptionnel de ces mesures, et la volonté du Ministère de « lancer les opérations » dans les tout prochains jours.

Le SNESUP précise quelles sont à ses yeux les exigences à respecter :

1) Transparence et concertation de la répartition, ce qui suppose une note aux établissements indiquant clairement les critères et les modalités, puis un suivi et une information complète, notamment au CNESER, sur les attributions.

2) Une application complète des mesures au titre de l’année 2004, distinctes des mesures à prendre au titre du budget 2005 et de la Loi d’Orientation et de Programmation ;

3) Des critères de répartition en conformité avec les besoins de co-développement des formations et de la recherche, en combinant deux éléments : les déficits d’encadrement, les besoins de soutien et de renforcement des la recherche.

En réponse, Korolitski précise qu’il place cette rencontre sous le signe de la consultation, et qu’elle ne s’inscrit donc pas dans une « concertation ». Il va même jusqu’à dire que le Ministère connaît déjà les besoins, et qu’il pourrait donc remplir sur cette base le tableau de distribution, mais qu’il entend « responsabiliser » les établissements.

L’objectif principal est pour lui, compte-tenu de la nature du mouvement qui a focalisé l’attention sur la recherche et la place qu’y occupe l’Université, de « conforter la recherche universitaire en liaison avec les masters et les écoles doctorales ». La circulaire qu’il prépare et qu’il va envoyer dans les tout prochains jours incitera les établissements à établir leurs demandes dans cette optique. Il concède qu’il faut éviter que l’attribution des emplois renforce les inégalités d’encadrement, et qu’il envisage des correctifs : traitement différencié en fonction de l’encadrement, encouragement aux partenariats et aux échanges. Dans ces conditions, les IUT, les IUFM, les EPA et les écoles rattachées (cf. article 43 de la Loi) peuvent entrer dans le champ de cette circulaire et demander des emplois.

Les opérations envisagées dans la circulaire concernent l’ensemble des mesures de création au titre de l’année 2004 : 150 ATER, 150 ingénieurs, techniciens et administratifs prenant leur fonction au 1er septembre ; 700 enseignants-chercheurs (dont probablement un peu moins de 250 Prof) au 1er janvier. Les établissements devront envoyer leurs demandes avant le 21 juin. Le CNESER, examinant le projet de répartition, est prévu le 19 juillet.
Pour les enseignants-chercheurs, un même mouvement regroupera le « deuxième mouvement » habituel et ce mouvement exceptionnel : les emplois seront publiés fin septembre, les dépôts de candidature intervenant avant la fin octobre.

Le SNESUP demande que la procédure soit la plus rapide possible et que le calendrier soit discuté en particulier lors de la prochaine réunion programmée pour ces prochains jours avec la DPE et la DES

Le SNESUP insiste sur son souci de ne pas opposer besoins de la recherche et réduction des inégalités d’encadrement, et conteste donc que le Ministère n’envisage le deuxième aspect que comme correctif. Au risque de renforcer les inégalités d’encadrement, s’ajoutent les effets pervers d’une vision associant la recherche aux seuls masters et doctorats. Le SNESUP souligne les dangers de cette approche qui sépare la licence « enseignement d’accueil et de proximité », et les masters et doctorats, domaines de l’excellence et de la compétitivité. Le SNESUP demande donc que l’effort envisagé intéresse l’ensemble du potentiel, la diversité des établissements et des disciplines. C’est en ce sens qu’il demande également que soit fournie l’information la plus complète, sur la répartition des emplois (par établissement, catégorie, discipline), et sur la totalité des équipes de recherche quel que soit leur statut (et y compris les demandes de reconnaissance d’équipes).

S’appuyant sur cet acquis des 1000 emplois, le SNESUP demande que le budget 2005 et la loi d’orientation et de programmation assurent la création de milliers de postes. Le SNESUP appelle à l’évaluation sans autocensure des besoins en emplois des établissements pour les formations et pour la recherche.

(*) Ministère : Jean-Pierre Korolitski, Eric Bernet, Danièle Kerneïs, Anne Picard, Didier Wagner (DES) ; Michel Maurage (DPE).

SNESUP : Maurice Hérin, François Bouillon, Pierre Duharcourt, Jean-Claude Garric, Christian Lamouroux, François Lucas.

SNASUB : Marie Ganozzi.