Edito 04 M. Hérin

Publié le 8 novembre 2004

Grenoble 28, 29 octobre, les Assises des Etats Généraux sont une étape décisive

Grenoble 28, 29 octobre, les Assises des Etats Généraux sont une étape décisive dans le mouvement « Sauver la Recherche et l’Université ». S’y sont retrouvés, ensemble chercheurs et enseignants du supérieur, un millier de participants, partageant la combativité des grands moments des premiers mois de l’année, et la responsabilité de rassembler la Communauté Scientifique autour de propositions novatrices.

C’est d’abord cela qu’il faut retenir, avec le sentiment, partagé par les syndiqués nombreux à Grenoble, et par la direction nationale, d’être de plain pied dans les débats et les confrontations de ces Assises.

Car il y a bien débats, confrontations et dynamique dans ce processus des Etats Généraux, avant, pendant, et après Grenoble. Le SNESUP a décidé d’être pleinement acteur de ce mouvement, avec SLR, avec toutes les forces de la communauté scientifique, au sens le plus large du terme, personnels du supérieur pleinement inclus.

Notre position n’est pas de faire une somme des plus et des moins, Il s’agit d’une réflexion sur les acquis, sur les insuffisances du processus d’élaboration, dans l’objectif de surmonter les difficultés, de développer plus largement la dynamique du mouvement.

Jamais les exigences comme le doublement du budget de la recherche et de l’enseignement supérieurs publics, la réduction significative de nos services d’enseignement, l’accès rapide à l’emploi stable pour les jeunes docteurs n’ont eu une telle force mobilisatrice. Nous devons en mesurer pleinement l’importance, que souligne encore la version finale du rapport remis au Premier Ministre; c’est un fait que le Gouvernement devra bien réellement prendre en compte…


En même temps, des questions fortes demeurent qui appellent débats et confrontations pour avancer dans le mouvement :
-Celle de la lutte contre la précarité qui frappe les jeunes chercheurs. La proposition de « chercheurs associés » a fait l’objet de vives contestations. Le SNESUP, avec d’autres, a développé des propositions alternatives qui doivent être prises en compte. .
-Celle de la démocratie dans les instances, des conseils de laboratoires jusqu’au Haut Conseil de la Science, avec la représentation élue et reconnue de toutes les composantes de la communauté scientifique. Parce que c’est un acquis considérable de l’université française, il nous faut conjuguer ensemble l’hiver 2004 et le printemps 68 !

Sur tous ces points, sur ce qui rassemble ou fait encore problème, il faut avancer ensemble. Par le débat le plus large, la communauté universitaire doit en être beaucoup plus fortement actrice et partie prenante.

Impérativement développer l’intervention, la mobilisation l’enjeu est clair. Le Ministre, le gouvernement manoeuvrent, louvoient, mais avancent leurs projets de recomposition libérale, au besoin par « l’expérimentation » ! La recherche scientifique comme pur produit marchand, la précarité-flexibilité, pour les jeunes chercheurs, la sélection dès l’entrée des masters, la remise en cause du maillage universitaire par le concentration des moyens vers des « pôles » labellisées « d’excellence » et de « compétitivité »., .. la gestion entrepreneuriale des universités et des organismes de recherche.
Et le refus d’allouer à la recherche et à l’enseignement public les moyens de leurs développements conjoints : les projets de budgets 2005 en témoignent.
Entre les exigences de ce développement scientifique, culturel, technologique et ce que vit la Communauté Scientifique. L’énorme contradiction ne peut être officiellement masquée.

700.000 emplois de chercheurs à créer dans l’Union Européenne d’ici 2010, selon le Commissaire Busquin, soit 70.000 en France ! C’est une exigence forte, partagée par nos concitoyens… Mais c’est aussi une exigence niée par les gouvernements. Le bilan que viennent de dresser les responsables européens (Prodi et W.Kok) de l’objectif de « société de la connaissance » proclamé en mars 2000, à Lisbonne, est à cet égard révélateur et inquiétant : « il reste beaucoup à accomplir pour éviter que Lisbonne devienne synonyme d’objectifs manquées et de promesses non tenues ».

C’est donc un véritable bras de fer avec le gouvernement qui s’engage : à travers le budget 2005 et la Loi d’Orientation et de Programmation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur. C’est l’université et la recherche qui sont en jeu.L’ensemble des syndiqués, des collègues y sont impliqués au premier chef. C’est de leur intervention que dépend la dynamique et le résultat du mouvement engagé voici près d’un an. C’est dans ces semaines que se décide l’avenir de nos missions, de nos services, du service public national de la recherche et de l’enseignement supérieur publics. Ni plus, ni moins !


Maurice HERIN

     


Maurice Hérin, Secrétaire Général

     

Rassembler la Communauté Scientifique autour de propositions novatrices, c'’est d’abord cela qu’il faut retenir, avec le sentiment, partagé par les syndiqués nombreux à Grenoble, et par la direction nationale, d’être de plain pied dans les débats et les confrontations de ces Assises.