Défendre la recherche !
Défendre la recherche !
- par Sylvie Pittia, Marc Neveu - Action Syndicale
Dans un contexte de destructuration de la recherche, le SNESUP dénonce les désassociations nombreuses d’UMR et les conditions dans lesquelles les décisions sont prises (opacité du processus d’expertise notamment). Des collègues se retrouvent sans laboratoire, des projets sans acteurs, au mépris des travaux engagés et de l’expérience acquise. La ministre se défausse en rendant le CNRS seul responsable! Les présidents d’université doivent soutenir leurs UMR, ne pas forcer les regroupements, associer les partenaires aux décisions. La collaboration entre chercheurs et E.C. dans les UMR est une richesse du système français, qu’il faut développer notamment en proposant plus de passerelles entre les deux carrières.
Ce ne sont pas les chaires mixtes proposées par C. Bréchignac qui répondent à cette demande. Ces postes dits « d’excellence », prévus pour une poignée d’établissements, dans un nombre de disciplines restreint, sont une mauvaise réponse à de bonnes questions : nous demandons un allègement de service pour tous les MCF en début de carrière, afin de garantir leur entrée dans l’enseignement tout en préservant leur temps de recherche ; nous demandons l’augmentation des délégations d’E.C. vers les grands organismes, et ce à tous les stades de la carrière, pour les PR comme pour les MCF ; nous demandons une systématisation des congés sabbatiques, à intervalles réguliers, pour garantir à tous la conduite de projets scientifiques plus amples et permettre les reconversions thématiques.
Enfin, il faut absolument transformer les comités de sélection prévus par la loi LRU. Ils ne font que renforcer le localisme du recrutement et induisent des procédures complexes et chronophages. La lisibilité du recrutement des E.C. est diluée dans un calendrier largement désynchronisé, ouvrant la porte à bien des manœuvres. Collégialité, parité des rangs A et B, expertise par les spécialistes de la discipline concernée, publicité réelle des critères : nos propositions sont celles du monde universitaire.
Ni la société française dans sa diversité et ses aspirations complexes, ni le SNESUP (et nos partenaires du SNCS dans la FSU) ne peuvent se satisfaire de l’absence en France et en Europe de véritables instances collégiales, pluralistes et démocratiques, en capacité de pousser au plus loin les analyses scientifiques prospectives. Le pouvoir politique avec le pacte recherche, la loi LRU, les propos assumés du président de la République signant l’équation « recherche = innovation » tentent de confisquer le pilotage des stratégies de recherche au seul profit du monde économique ; le SNESUP, dans le cadre des formidables semaines de lutte que nous vivons dans le supérieur et la recherche doit peser pour infléchir durablement cette logique.