CR entrevue SNESUP-FSU et Valérie Pécresse - 19/10/2007

Publié le 19 octobre 2007

Compte-rendu de l'entrevue SNESUP-FSU - ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

Vendredi 19 octobre 2007

Auteur(s) : Secrétariat national du SNESUP-FSU



Rencontre
entre V. Pécresse et une délégation du SNESUP-FSU
le 19 octobre 2007

NDLR : la délégation du SNESUP-FSU qui a rencontré V.Pécresse, Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, vendredi 19 octobre 2007, était composée,
pour le SNESUP-FSU, de Jean Fabbri, secrétaire général, Marc Champesme, secrétaire national chargé du secteur formations, Sylvie Pittia, secrétaire national chargée du secteur recherche
et pour le ministère de Mme Marchand, M. Bonaccorsi, M. Gillet, M. Bonneau.

La délégation a d'abord évoqué deux points d'actualité (grève du 18/10, y compris mobilisation significative des étudiants et personnels de l'enseignement supérieur, et résultats des élections au CNU – avec un débat de chiffres sur la participation) puis elle a abordé quatre thèmes : les mauvaises conditions de rentrée ; l'examen des contrats quadriennaux ; la loi LRU ; les projets de transformation des grands organismes de recherche (CNRS…) en agences de moyens.

Interpellée sur l'absence de financement significatif en faveur de la réussite des étudiants, notamment en premier cycle, la ministre renvoie à ce qu'elle dit "avoir arraché de haute lutte" (augmentation des bourses de 2,5% ; dégel de la réserve de précaution en faveur des travaux immobiliers). Elle est globalement indifférente aux revendications des personnels dont elle renvoie la satisfaction aux établissements eux-mêmes, dans le cadre de leur "autonomie" (ainsi pour la demande réitérée d'une décharge de service en faveur des enseignants-chercheurs nouvellement recrutés). La Ministre, contente d'elle-même et de son action – notamment sur le budget 2008, malgré l'absence totale de création d'emplois – s’est assez vite mise sur la défensive. Sur nos revendications "carrière des enseignants-chercheurs" : il faut, dit-elle maintenant, attendre les conclusions de la commission Pochard, qui travaille sur les carrières des enseignants du second degré, à cause des zones de recoupement entre second degré et supérieur. Les intentions sur la revalorisation envisagée pour le supérieur… restent très floues !

La délégation SNESUP est intervenue fermement sur la confusion régnant autour de la campagne d'habilitation, du fait des consignes données par la circulaire Saint-Girons du 12/09, à laquelle se superposent des préconisations orales qui vont bien au-delà de la réglementation actuelle définie notamment par les arrêtés master. Nous avons demandé le respect des textes réglementaires et une clarification écrite émanant de la DGES, en particulier à propos du modèle unique de master mixte (pro et recherche). Sur le calendrier de la vague C, raccourci de six mois, la Ministre a dû reconnaître le bien-fondé de nos critiques et l'incohérence entre les instructions données et les intentions proclamées à propos de la réussite en licence et des transformations pédagogiques que ce « chantier » nécessite.

Sur la loi LRU, la ministre a pris acte de la position du SNESUP – réaffirmée par la délégation – demandant l'abrogation. Concernant nos critiques sur les collèges électoraux pour le CA (représentation « obligée » des quatre grands secteurs de formation) et les situations de contentieux que l'article 10 ne peut manquer de créer, la ministre a seulement rappelé que cet article avait été voulu par les Parlementaires et qu'elle était contre. Le SNESUP a demandé un retour devant le Parlement comme cela s'est fait pour d'autres textes de loi (retour qui serait aussi pertinent à propos des IUFM). Mais la réponse ministérielle se borne à vouloir apprécier le nombre et la nature des contentieux une fois qu'ils se seront produits, elle renvoie au comité de suivi instauré par la loi et à son bilan annuel.

Concernant le CNRS et la vive émotion créée par le report imposé du vote par les conseils de cet organisme concernant le plan stratégique, la ministre dément qu'il s'agisse d'un moratoire. C'est une "ouverture de négociations" (sic). Elle prétend créer les conditions d'une contractualisation forte et annonce un nouveau de groupe de travail sur le contrat d'objectifs. Le SNESUP rappelle son opposition à la transformation du CNRS en agence de moyens et demande l'augmentation très sensible des postes d'accueil pour les enseignants-chercheurs auprès des grands organismes.

Quelques engagements ont été obtenus concernant les futurs nommés du CNU : amélioration de la parité hommes/femmes ; primauté des critères scientifiques ; absence de repêchage des candidats battus dans le cadre de l'élection.

Quelques questions techniques sont évoquées après le départ de la ministre avec les membres du cabinet : défraiement pour les participations des représentants syndicaux aux rencontres lancées en juin ; conditions de travail pour les élus au CNESER ; difficultés à obtenir des détachements pour les ATER en poste dans le second degré ; conditions humiliantes imposées par les préfectures aux collègues recrutés comme titulaires et originaires de pays hors Union Européenne.