CR entrevue 15/04 Fillon
Après les avancées du 7 avril, un débat intersyndical ouvert et deux réunions avec les ministres,
Quelles applications concrètes ?
Quel sens pour la future loi de Programmation et d’orientation ?
Plan de ce document : le débat intersyndical - discussion directe avec les ministres - conclusion
Une
discussion intersyndicale ouverte
(SNCS SNESUP SNABUB-FSU, SNTRS-CGT, Sud-Recherche, FO, SGEN-CFDT, un représentant de « Sauvons la Recherche »).
En résumé :
Les ministres ont annoncé le 7 avril des mesures répondant,
pour une part, à des revendications immédiates du mouvement
pour « sauver la recherche et l’université ». La restitution
des 550 postes de chercheurs transformés en CDD, la création de
700 postes d’enseignants-chercheurs (et de 150 ATER), de 150 postes IATOSS
dans les universités.
C’est un acquis important à mettre au compte d’un mouvement sans précédent. Tous les participants à l’intersyndicale sont d’accord là-dessus et soulignent la portée générale de la restitution des postes de chercheurs et ITA : c’est l’option libérale de la flexibilité du « chercheur jetable » qui est ainsi battue en brèche. Et tous soulignent l’importance des 1000 postes- arrachés pour l’Enseignement Supérieur.
Dans la suite de la discussion trois
conclusions se dégagent :
1) S’assurer des applications concrètes de ces
mesures, pour 2004…
2) Imposer de réelles négociations sur le budget 2005
et la loi de programmation
3) Maintenir la pression, développer les initiatives
d’actions pour imposer cette négociation et pour ouvrir
les Etats Généraux vers des développements et
des transformations positives du Service Public National d’Enseignement
Supérieur et de Recherche.
Recrutement des 700 enseignants-chercheurs :
SNESUP : Il est nécessaire qu’une procédure de recrutement soit rapidement engagée et que ces créations soient actées sur le budget 2004. Et il est important que la répartition entre établissements prenne en compte les déficits les plus graves, avec discussion en CNESER.
Réponses : le recrutement, c’est
dès automne 2004, on verra si on peut l’accélérer.
Les 700 enseignants-chercheurs et les 150 ATER comme les 150 IATOSS seront créés
dans la Loi de Finance rectificative de décembre (idem pour la restitution
des 550 postes chercheurs). Le principe d’une rencontre sur cette procédure,
SNESUP-Ministère (Duwoye de la DPE) a été acté en
présence de F. FILLON.
Mais la prise de fonction sera début 2005, la CPU pensant plutôt
pour février, début du second semestre, ce qui n’est pas
du tout l’avis du SNESUP.
Mais sur les affectations aux établissements : « d’abord
pour la recherche » selon les Ministres.
Remarque SNESUP : on nepeut
pas séparer, Recherche et Enseignement Supérieur, puisque «
c’est la même chose » (A. Kahn), il y a même
consubstantialité (J.M. Monteil de la Direction de l’Enseignement
Supérieur au colloque CPU de Bordeaux). C’est donc dans
une dynamique de développement mutuel Recherche-Formation qu’il
faut s’engager et non dans une fracture Pôles d’excellence
–Université de proximité …
La conclusion officielle n’apporte aucune garantie :
en discuter avec J.M. Monteil et la DES…
Budget 2005, loi de Programmation :
SNESUP : dans les discussions et contacts précédents, il a été admis que nous serions consultés. Ce que nous demandons, c’est que ce budget 2005, première étape de la future loi de programmation, soit réellement discuté ; dès maintenant nous demandons qu’une évalutation transparente et contradictoire des besoins soit engagée. Particulièrement sur l’emploi, mais aussi sur les crédits (recherche, fonctionnement…).
Réponses :
- on ne peut discuter qu’après les
premières bases données par Bercy … donc plus tard !
- F. Fillon « d’accord pour discuter de l’évaluation des besoins dès que vous le souhaiterez ». Et « s’agissant du budget Recherche comme de l’Enseignement Supérieur, c’est ici, avec le Ministre de l’Education Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche que cela se décide » (F. Fillon)
Remarques :
- sur le fond, ce parti pris de mise en attente n’est pas acceptable,
les mesures annoncées le 7 avril ne répondent qu’à
des exigences d’urgence…
- la discussion sur le budget 2005 –et sur la loi de programmation doit bien engager « un tournant mais par le développement du service public, l’amélioration des conditions de travail et d’études, la réponse aux besoins de formation et de recherche, les évaluations et les demandes non censurées des établissements sont un outil indispensable !
Recherche : emplois titulaires, crédits, pilotage : confrontation et points d’appui
Le SNCS est fortement intervenu, face à D’AUBERT
pour que soient prises en compte trois exigences de fond :
- le budget de la recherche publique n’est pas de 0,9%
du PIB mais de 0,6%, il faut donc l’augmenter
de 50% pour atteindre le 1% avant 2010. Il faut augmenter les
effectifs de chercheurs dans une proportion voisine. Or actuellement
les départs à la retraite au CNRS ne sont pas compensés
par des recrutements !
- il faut une base solide et stable de financement public, récurrent
pour la recherche fondamentale, il faut en finir avec le tout pilotage.
Réponses de D’AUBERT :
- la recherche fondamentale doit être financée pour une
grande part, par le public, c’est un socle dans le raisonnement
…
- l’estimation à 0,6% actuelle est une base à prendre en
compte.
- sur emploi scientifique : « voir large et de façon englobante
», EPIC compris, cibler les CDD sur des fonctions bien définies…
Consacrer plusieurs réunions à l’emploi scientifique.
En résumé, le poids du mouvement et le choc du libéralisme…
Etats Généraux
Les organisations syndicales ont manifesté leur opposition à ce que le « Comité d’Initiatives et de Propositions » (CIP) ait été pris comme interlocuteur officiel pour les mesures du 7 avril.
Réponses officielles : « les syndicats, sur les questions d’emplois scientifiques sont les interlocuteurs du Ministre . !!
Remarque SNCS-SNESUP : oui, mais les finalités, les objectifs de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, c’est également central pour nous, les Etats Généraux doivent être ouverts à tous … et nous entendons à la fois écouter et nous faire entendre.


