CR 2006 CNU 10

Publié le 6 mars 2006

Conseil National des Universités

Section 10

Littératures comparées

 

2006

Auteur(s) :

Isabelle Krzywkowski et Michel Collomb

NDLR : Les compte-rendus sont publiés sous la responsabilité de leur(s) auteur(s).Isabelle Krzywkowski et Michel Collomb
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Compte rendu de la session de qualification 2006
pour la 10ème section (Littérature comparée)

 

Résultats pour les MCF

  • Inscrits : 186
  • Dossiers non parvenus : 51
    C’est deux ou trois fois plus que d’habitude ! Il n’est pas impossible que le fait que le ministère n’ait, pour la première fois, pas envoyé par courrier le nom des rapporteurs aux candidats (seulement publié sur Antares) soit en partie responsable de ce fait. Plusieurs rapporteurs ont reçu un courrier de candidats en ce sens.
  • Dossiers irrecevables (absence de rapports ou rapports incomplets, retard patent) : 7
  • Dossiers parvenus et recevables : 128
  • Dossiers qualifiés : 41, soit 32 %
  • Parmi les dossiers non qualifiés :- Dossiers non comparatistes : 37 dossiers ne relevaient clairement pas de la section, soit 29,1% (je ne refais pas la démonstration que la section semblerait beaucoup moins sévère si elle était mieux identifiée, mais on notera qu’il y a autant de dossiers qualifiés que de dossiers hors section !)
    - 4 dossiers ne présentaient pas de recherche récente (au moins plus de 10 ans), 1 dossier ne fournissait aucune assurance d’une compétence à l’enseignement en français.
  • Demandes de requalification : 20
    4 dossiers n’ont pas été requalifiés, soit parce qu’il n’y a pas eu de travaux depuis plus de cinq ans (je rappelle que les élus SNESup avaient obtenu comme critère que tout dossier déjà qualifié le serait de nouveau s’il attestait d’une poursuite de travaux, même mince), soit parce que la poursuite des travaux s’était écartée de la littérature comparée : ces derniers refus sont plus problématiques (même s’il est apparu que la thèse d’origine avait déjà semblé problématique) et marquent sans doute un durcissement en la matière ; nous sommes intervenus pour qu’on ne revienne pas sur la précédente qualification. Dans un cas, le dossier a été qualifié de justesse, et nous nous sommes engagés à faire savoir au candidat qu’une éventuelle prochaine qualification serait difficile sans une réorientation claire des travaux vers la littérature comparée.

 

Commentaires

Comme à chaque session, l’étude des dossiers a permis de clarifier des points ou de soulever des problèmes.

  • Francophonie : nous attendons toujours la rencontre demandée à plusieurs reprises avec la 9e section (langue et littérature françaises) pour faire le point avec elle sur la répartition des dossiers. Nous sommes bien conscients que certains candidats sont bloqués, mais la 10e section considère qu’une partie de la francophonie relève de la 9e section (comme « l’anglophonie », « l’hispanophonie » ou la « lusophonie » de la 11e et de la 14e), en particulier lorsque la thèse porte sur un auteur unique.
    Nous avons cependant avancé lors de cette session : il a été clairement reconnu que la multiplicité des langues ne peut pas être un critère suffisant, et un dossier comparant deux auteurs d’ères culturelles francophones différentes (Antilles et Maghreb, je crois) a été qualifié.
  • Littérature et arts : sans doute faut-il au contraire considérer qu’il y a eu ici une relative régression : le critère des langues s’est imposé, mais le débat se poursuit entre ceux qui rappelle que nous avons déjà qualifié des dossiers au nom de la comparaison entre les arts, et ceux qui considèrent que les rapports de la littérature française et des arts ne justifient pas qu’on soit qualifié en littérature comparée (un « francisant » peut utiliser des démarches comparatiVes. Il est vrai que ces dossiers sont en général également qualifié en 9e section, qui a évolué de ce point de vue depuis quelques années).

    On le voit, la question de la priorité de la dimension interculturelle vs priorité du critère multilinguiste (nécessité de prendre en compte la littérature internationale) reste au centre des débats. En tout état de cause, pour être qualifié en 10e section, mieux vaut travailler sur un corpus au moins bilingue. Je rappelle à ce propos que la maîtrise d’une seconde langue ne garantit pas la qualification, si elle n’est pas mise au service d’un travail scientifique.
  • Etudes culturelles [Cultrual studies] : la question ne se pose encore que rarement, mais nous sommes bien conscients qu’elle va se poser de plus en plus souvent. Les termes de l’alternative examinée précédemment (interculturel / langues) ne leur laissent, on le voit, pas vraiment de place. Jusqu’à présent, les dossiers « limites » pouvaient relever sans difficulté d’une autre section, qui était au demeurant presque toujours la section d’origine du candidat. Nous avons cette année eu le cas d’un dossier dont je ne suis pas certaine qu’il trouve sa place ailleurs, et qui, dans les termes actuels du débat, ne pouvait pas non plus la trouver en 10e : nous avons souligné ce problème. Cette question fera au demeurant l’objet du congrès de la Société française de littérature comparée en 2007.
  • Je rappelle par ailleurs que l’expérience de l’enseignement est un critère important : l’une des questions est de savoir si le candidat pourra enseigner la littérature comparée. L’agrégation n’est pas exigée, mais il est préférable de faire état d’une expérience plus large que celle des cours à domicile. L’expérience de l’enseignement supérieur n’est pas exigée, non plus que celle de la littérature comparée, puisqu’elle n’est enseignée qu’à l’université. Il en va de même pour les candidats étrangers.

 

Ethique

Les débats sont confidentiels, les décisions sont collectives.
Il est rappelé que les rapporteurs ne doivent a priori pas prendre contact avec les candidats. S’il y a une incertitude sur le dossier, il doit d’abord se rapprocher de son co-rapporteur, via le président (puisque les co-rapporteurs sont inconnus, pour éviter des débats préalables).
La 10e section, pour ne pas jouer la surenchère, continue à qualifier sur la seule thèse, à condition qu’elle soit bonne. Si la mention ou les rapports sont problématiques, mieux vaut cependant l’accompagner d’autres travaux. Notons cependant que les thèses « brutes » se font de plus en plus rares. [en revanche, je rappelle que le dossier ne doit pas comporter plus de 3 travaux, et que la thèse y est souhaitée : cf. fiche sur Antares. Pour ma part, je n’examine jamais plus de 3 documents]

 

Nouvelle candidature

Il est vivement conseillé de ne représenter un dossier refusé que si le dossier a évolué dans l’intervalle. Les élus SNESup ont en revanche à plusieurs reprises fait jouer « l’effet mémoire » pour faire qualifier des candidats dont le dossier avait évolué dans le sens qui lui avait été demandé.
[Pour plus de détails, le compte rendu de la session 2004 est toujours accessible sur le site du SENSup]

 

Changement de discipline

Attention : pour les candidats déjà maîtres de conférence qui souhaiteraient un changement de section, la démarche ne passe pas par le CNU, mais par la commission de spécialistes et les conseils de l’université dans laquelle ils exercent.

Isabelle Krzywkowski


Résultats pour les PR

  • Inscrits : 32
  • Dossiers examinés : 29 (2 non parvenus, 1 irrecevable)
  • dossiers qualifiés : 16 qualifiés, soit 55% (46 % en 2005, sur 28 dossiers examinés).

En ce qui concerne les candidats à la qualification comme professeur, les principales raisons de refus ont été :

  1. Orientation comparatiste absente ou insuffisante. Nous avons eu plusieurs dossiers spécialistes de littérature étrangère dans lesquels les travaux ne portaient que sur un seul écrivain étranger.
  2. Spécialisation en littérature francophone, mais limitée à une seule région de la francophonie et sans ouverture vers des littératures étrangères.
  3. Connaissance insuffisante des méthodes de la littérature comparée.
  4. Manque d’expérience de l’enseignement et spécifiquement de celui de la littérature comparée.


Michel Collomb