CPGE&bourses

Publié le 5 janvier 2006

Communiqué de presse
05/01/2006

Encore des mesures en trompe l'œil

SYNDICAT NATIONAL DE
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
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75010 - PARIS
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Courriel : sg@snesup.fr


Le Président de la République a annoncé mercredi 4 janvier comme un vœu majeur l'augmentation de la part des étudiants boursiers dans les classes préparatoires.

Si une telle mesure semble répondre à un souci d'équité, elle est loin d'être aisément réalisable et elle ignore de fait la démocratisation absolument nécessaire dans l'accès et la réussite dans l'ensemble de l'enseignement supérieur.
Les universités sont encore une fois marginalisées alors que devrait se dessiner une convergence des voies des formations. Pourtant, elles accueillent, sans sélection à l'entrée et sans numerus clausus (sauf quelques filières telles la médecine, ... et y compris pour y délivrer une part importante des titres d’ingénieurs) la grande majorité des bacheliers quelles que soient leur origine géographique et sociale et la nature du baccalauréat dont ils sont détenteurs. C’est donc bien d'abord dans les universités et non dans une sélection initiale souvent outrancière que se joue l'élévation générale du niveau des formations et des qualifications. En matière d’égalité des chances, il convient d’augmenter aussi considérablement et le nombre et le taux des bourses, de revoir un système de bourses qui date des années 50, de relancer les pré-recrutements (de type IPES) lesquelles mesures s’imposent d’autant plus quand on sait que les exonérations fiscales pour les familles d’étudiants les plus aisées représentent 1, 7 milliards d’euros alors que le montant des bourses distribuées n’atteint pas 1, 3 milliards.

Le SNESUP dénonce l'opération avant tout en trompe-l’œil qui est loin de construire une authentique égalité des chances, et tente de dissimuler le réel désengagement de l'Etat des formations post-bac universitaires : moins de dépense par étudiant que par lycéen, moins de 300 euros par an par étudiant dans le budget de la MIRES (hors salaires). C'est très loin des niveaux des autres pays développés.

Le SNESUP réclame une négociation au plus haut niveau sur les enjeux et les moyens d'une démocratisation et d'une efficacité véritables de l'enseignement supérieur. Sur ce point comme sur la recherche, le Président et le gouvernement se dérobent. Ce n'est pas à l'Elysée dans une parodie de rituel républicain que se combleront les déficits actuels du dialogue social, puisqu'une fois encore les acteurs premiers de cette opération, les enseignants, les étudiants, les forces économiques et sociales ont été délibérément tenus à l'écart de l'élaboration de ce dispositif.

Le SNESUP interpellera dès ce jeudi à Tours le Ministre concerné et appelle à tout mettre en œuvre dans l’unité pour obtenir enfin les moyens d’un grand service public d’enseignement supérieur et de recherche.

Paris, le 5 janvier 2006