Courr04 SNESUP/Fillon

Publié le 12 juillet 2004

SYNDICAT NATIONAL DE
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Paris, le 29 juin 2004


Monsieur François FILLON
Ministre de l’Education Nationale,
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
110, rue de Grenelle
75007 - PARIS

 

n. réf. : FF/MH/ca/040629

Monsieur le Ministre,

Interrogée sur le mouvement de recrutement sur les 700 emplois d’enseignants-chercheurs à créer dans l’Enseignement Supérieur, suite aux engagements du 7 avril dernier, la Direction des Personnels de l’Enseignement vient d’indiquer que ces emplois ne seraient créés qu’au budget 2005 avec prises de fonction soit au 1er février, soit à la rentrée 2005 selon la DES.

Nous attirons solennellement votre attention sur les conséquences d’une telle décision et nous exigeons que les engagements pris le 7 avril, en réponse au mouvement « Sauver la Recherche et l’Université » soient intégralement respectés.

Nous rappelons que ces engagements spécifient une prise de fonction en janvier 2005, avec procédure de recrutement dès l’automne 2004, ce qui passe par l’inscription de ces créations d’emplois dans une Loi de Finances rectificative du budget 2004. Ces dispositions répondent à la nécessité d’ouvrir des perspectives d’emploi aux 30.000 jeunes docteurs qualifiés victimes de l’absence, sans précédent, de créations d’emplois d’enseignants-chercheurs dans le budget 2004. Elles répondent en même temps à l’exigence reconnue de développer la recherche et l’encadrement des formations supérieures.

Nous voulons que soit assuré le développement conjoint de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Publics, ce qui implique un effort national à la mesure de cet enjeu de société, particulièrement en matière de créations d’emplois d’enseignants-chercheurs et d’IATOSS. Des engagements ont été pris au plus haut niveau pour rompre avec la stagnation des budgets de la Recherche comme de l’Enseignement Supérieur. Le budget de la recherche civile publique ne saurait rester à son niveau de 0, 6 % du PIB. De même, le budget de l’enseignement supérieur, qui stagne depuis des années au même volume de 0, 6 % du PIB, doit être nettement accru. Des engagements ont été pris pour sortir de l’anémie et de la précarisation de l’emploi scientifique ouvert aux jeunes chercheurs, dans les organismes de recherche et dans les universités. Une discussion approfondie doit être engagée sur les emplois à créer dans le budget 2005 et dans les années à venir selon des dispositions à établir dans la future Loi de Programmation et d’Orientation pour la Recherche et l’Enseignement Supérieur. Ces engagements doivent être tenus.

Il est évident que la décision annoncée par la DPE sur les 700 emplois, si elle était confirmée, ne manquerait pas d’appeler une mobilisation renouvelée et une réaffirmation des revendications dans les débats des Etats Généraux tels qu’ils sont engagés et se poursuivront dès septembre.

Compte tenu de la gravité de ces questions, nous en informons largement la communauté universitaire et le pays, et nous vous demandons une rencontre dans les délais les plus brefs.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération,


Maurice HERIN Secrétaire Général.


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