Communiqué de Presse sur les intitulés de master

Publié le : 27/01/2014


Communiqué de Presse sur les intitulés de master

Le CNESER a émis un avis défavorable à la liste des 246 intitulés de master qui lui était soumise (21 contre, 11 abstentions, 16 pour).
Ce vote a été accompagné de l'adoption (25 pour, 11 abstentions, 12 contre) d'une motion, à l'initiative du SNESUP-FSU, dénonçant les conditions d'élaboration de cette liste et l'urgence imposée, sur un sujet d'une rare complexité (cf. texte de la motion ci-dessous).

Les très nombreuses interventions des membres du CNESER ont, notamment, mis en lumière les jeux de groupes de pression, aux effets particulièrement déstructurants, qui ont conduit à une liste d'intitulés à la fois réductrice, illisible et incohérente.

Faute d'avoir donné assez de temps à la démocratie universitaire pour élaborer une régulation nationale des intitulés, sur la base de critères clairs et collectivement adoptés, c'est à une situation de confusion aggravée, désormais dissimulée sous la profusion incontrôlable des parcours types, et l'exacerbation des tensions qu'est arrivé le ministère.

Le SNESUP-FSU rappelle qu'il est favorable à un cadrage national des formations, incluant une régulation des intitulés, mais il souligne que pas une voix ne s'est élevée pour exprimer que la nomenclature soumise par le ministère à l'avis du CNESER était satisfaisante.

Le SNESUP-FSU ne manquera pas de s'appuyer avec force sur l'engagement du ministère à une révision fréquente des intitulés, afin d'obtenir, au plus vite, des évolutions permettant une réelle prise en compte de la richesse et de la diversité de l'offre de masters.

Il en va de la possibilité, pour les étudiants, de faire leur choix d'orientation en connaissance de cause, pour les diplômés, de voir leur qualification clairement affichée et reconnue, condition indispensable à leur insertion professionnelle.

 

Motion sur l'examen des intitulés de master

(présentée par le SNESUP-FSU et soutenue par FSU, UNEF, UNSA, Autonome, CGT, FercSup CGT, FO-SNPREES)

Le projet de nomenclature de mentions de master soumis au CNESER du 27 janvier 2014 correspond à une réduction brutale, d'un facteur 20, des intitulés existants, à partir de consultations partielles de la communauté, sur la base de critères mal définis, sans lien explicite avec les intitulés de Licence. En outre le principe de limitation et d'affichage des intitulés de diplômes choisi, ne fait que déplacer la confusion et la prolifération des intitulés d'un plan visible et régulable, notamment par le CNESER, celui des mentions et spécialités figurant sur le diplôme, à un plan invisible, échappant à tout contrôle, celui des parcours-types.

La communauté universitaire, par ses nombreuses interventions, exprime que la liste des intitulés de Master présentée aujourd'hui ne fait pas consensus. En témoignent des interventions venant quasiment de toutes les disciplines. Citons notamment les Mathématiques et l'Informatique, la Physique, les Arts, la Psychologie, l'Histoire. En outre, les secteurs émergents susceptibles de fournir une fraction importante des emplois qualifiés de demain n'ont pas été pris en compte. Pour les formations liées à d'autres ministères, la concertation a été également insuffisante avec ces Ministères.

Les nouvelles dénominations doivent s'appliquer au plus tôt à la rentrée 2015. Il reste donc un temps largement suffisant pour mener une réflexion de fond, associant largement les représentants de la communauté universitaire, sous la forme de commissions disciplinaires qui se réuniront jusqu'à l'été, séparément ou conjointement pour les champs pluridisciplinaires et permettront d'aboutir à l'automne 2014 à une nomenclature qui sera effectivement le reflet de la richesse de la réflexion collective tant du point de vue des champs de recherche que de celui des spécialités professionnelles, auxquels conduisent les masters.

En conséquence, le CNESER demande que les mentions des intitulés de diplôme de master fassent l'objet d'une telle concertation prolongée, qui doit aussi associer les autres ministères impliqués, notamment dans le cas des masters conduisant à une profession réglementée ou lorsque des établissements placés sous la tutelle d'autres ministères sont impliqués dans des accords de partenariat avec les universités.

Le CNESER souligne que ce ne peut être qu'au prix du temps laissé à l'élaboration d'un consensus satisfaisant toutes les parties, que les intitulés des diplômes de master permettront aux étudiants de faire leur choix d'orientation en connaissance de cause et que les diplômés verront leur qualification clairement affichée, condition indispensable à leur insertion professionnelle.