Communiqué
Communiqué de presse
09/02/2007
L’enseignement supérieur dans la tourmente des interventions politiciennes
Après les propositions du Ministre de l’Education concernant la
« rénovation » de la licence à Orsay, c’est
le Premier Ministre qui y est allé de sa déclaration sur l’Enseignement
Supérieur lors de l’inauguration des nouveaux locaux de Paris VII
... Si le Premier Ministre reconnaît (une nouvelle fois après l’aveu
du 10 avril 2006 lorsqu’il a admis son échec sur le CPE) l’insuffisance
des moyens accordés à l’enseignement supérieur et
le mauvais état de nos équipements universitaires, il propose
pour y remédier d’augmenter les droits d’inscription des
étudiants, en les modulant en fonction des ressources des parents.
Une telle mesure écarterait de la poursuite d’études les
jeunes issus des milieux modestes ou en rupture avec leurs parents. L’enseignement
supérieur, qui prépare les jeunes et les adultes à un diplôme
attestant une qualification de haut niveau, doit être un service public,
gratuit et ouvert à tous.
Certaines de ces préconisations s’inscrivent directement dans la
démarche libérale : salaire au mérite, conseils d’administration
des universités réduits avec participation extensive des entreprises
et collectivités territoriales, relations universités –
entreprises conçues en vue de partenariats financiers, multiplication
des Licences – Pro comme voies de sortie, regroupement des universités
et fusions sous couvert de « compétition internationale »
…
Sur l’orientation, Ministre et Premier Ministre vantent les mesures de
pré – orientation, oubliant que les principales causes d’échec
en premier cycle tient à l’insuffisance de l’encadrement
et du soutien pédagogique, comme aux conditions de vie et d’études,
et que les établissements n’ont aucun moyen – notamment en
Co-Psy – pour effectuer de véritables entretiens avec les étudiants.
Cassant l’originalité universitaire, la licence vue par le Ministre
commencerait par un « socle commun des connaissances universitaires »
de deux ans servant de phase sélective avant l’entrée dans
la spécialité. Une nette coupure séparerait les deux premières
années des suivantes, même si le Ministre n’ose pas prononcer
le mot de sélection, ni avouer que ces deux premières années
seraient coupées de la recherche.
LE SNESUP s’opposera à la mise en œuvre de ces projets qui
visent à casser le service public d’enseignement supérieur
et à exclure les personnels et les étudiants de la construction
indispensable d’un vaste service public universitaire englobant l’ensemble
des formations post-bac appuyé sur la recherche et articulé sur
les dimensions multiples de la professionnalisation.
Paris, le 9 février 2007