Communiqué
Communiqué de presse
30/01/2004
SYNDICAT NATIONAL DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
CONCOURS DE RECRUTEMENT : MOINS DE PROFS POUR LES ÉLÈVES
Chaque année, les postes mis aux concours de recrutement des enseignants, tant du premier degré que du second degré, sont un indicateur sérieux de la politique gouvernementale en matière d’éducation. Cette année, la répartition des postes aux concours 2004 a été publiée, très tardivement, au JO du 26 janvier. Elle s'inscrit dans la même politique initiée depuis la suppression des MISE et des aides-éducateurs : moins d'adultes dans les écoles, collèges, lycées pour éduquer, enseigner, former les élèves.
Après le zéro poste créé pour l’enseignement supérieur, les chiffres de cette année –en baisse drastique pour le second degré- dans les concours externes, internes et de résorption des personnels précaires, illustrent le désengagement de l’Etat dans ce domaine essentiel qu’est l’éducation des jeunes. Les nombreux départs à la retraite ne sont ainsi pas compensés, conduisant à un recours accru à des vacataires mis, sans formation, en présence d’élèves.
Ainsi, dans le premier degré, les 13 000 places - en augmentation de 1 000 places en raison de la hausse démographique dans le primaire et de l'augmentation des départs à la retraite - sont très en deçà de l'audit ministériel qui prévoyait qu'il faudrait 17 290 recrutements pour la rentrée 2005. Ce décalage de plus de 4 000 places entre les besoins et les places mises au concours ouvre grandes les vannes du recours aux listes complémentaires. Le SNESUP-FSU fait la proposition inverse : programmer la montée en puissance des listes principales pour en finir, à terme, avec cet expédient des listes complémentaires qui aboutit à confier de plus en plus d'élèves à des débutants sans formation initiale. Belle façon d'améliorer les débuts de carrière ! Belle façon d'améliorer la qualité de l'enseignement !
Ainsi, dans le second degré, les 12 500 places
ne couvriront pas les 16 000 enseignants du secondaire qui partiront
à la retraite en 2005. Outre le recours accru à des vacataires,
l'expédient est de tailler dans la dotation horaire
des disciplines : suppression d'options, d'enseignements
en demi-groupe, de TPE, d'itinéraires de découverte, d'éducation
civique, juridique et sociale… Alors que le Ministre
déclare vouloir une politique ambitieuse des arts à l'école,
il supprime des postes en arts plastiques ! Alors qu'il fait
l'éloge des échanges européens, il fait
de même en langues vivantes ! Alors qu'est lancée "L'année
Européenne d'éducation par le sport", l'EPS est matraquée
(- 41,3% au CAPES externe ; - 25,6% au CAPES interne) !…
Le SNESUP dénonce cette politique qui conduit à
une régression en matière d'enseignement et d’éducation.
Cette politique touche particulièrement les étudiants
dont un nombre important a pour perspective professionnelle l’enseignement
et s’est engagé dans la préparation des concours. De plus,
cette baisse touche aussi particulièrement les postes réservés
aux concours internes et aux titularisations ce qui
met en cause la titularisation de nombreux précaires
et constitue un renoncement aux engagements de la loi Sapin.
Cette régression numérique s’accompagne d’une régression
qualitative de la formation des enseignants par les amputations dans
les plans de formation et la mise en place d’une formation par le compagnonnage,
ainsi que d’une volonté de fusionner des CAPES existants.
Derrière le “ Grand débat sur l’école ”, qui devait être la démonstration de la démarche démocratique du gouvernement, ces chiffres révèlent les réelles volontés politiques et ne manquent pas d'inquiéter sur le contenu de la future loi d'orientation. Alors même que l’évolution de la société et de l’économie conduit à une demande accrue de qualification, la politique gouvernementale aggrave les difficultés du système scolaire.
Le SNESUP demande au gouvernement de revenir sur ces décisions et il s’adresse à ses partenaires pour envisager les actions à mettre en œuvre.
Avec l'UNEF, le SNES-FSU, le SNUIPP-FSU, le
SNEP-FSU, le SNUEP-FSU, le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNCL, le SNESUP-FSU appelle
tous les étudiants, tous les formateurs, tous les enseignants à
manifester devant les rectorats le Mercredi 4 février à 17h.