Comm. SNESUP 23/07/04
Communiqué de presse
Paris, le 29 juillet 2004
Budgets Recherche et Enseignement Supérieur :
le Gouvernement doit tenir ses engagements, et répondre aux besoins en emplois et crédits du Service Public.
Le Gouvernement laisse courir des annonces visant à faire passer un budget 2005 en rupture avec les exigences largement manifestées dans l'ensemble du service public d'éducation et de recherche, avec notamment une réduction massive des emplois (-5000 dans le second degré). Interpellé, le Ministre indique que les chiffres précis et définitifs seront communiqués dans les dix jours au plus tard. Ce qui n'enlève rien aux inquiétudes suscitées par ces premières annonces.
Le SNESUP-FSU rappelle que dans la recherche et l'enseignement supérieur publics, le mouvement qui a fortement mobilisé la communauté scientifique durant tout le premier semestre de cette année a pu imposer des mesures significatives, notamment la création de 1000 emplois dans l'enseignement supérieur et le déblocage de 3 milliard d'euros en 3 ans pour la recherche. L'annonce gouvernementale du report sur le budget 2005 de la création de ces 1000 emplois pour l'enseignement supérieur constituerait une double rupture des engagements pris par le Ministre le 7 AVRIL 2004 en réponse eu mouvement de la communauté scientifique. Faute d'une loi de finances rectificative 2OO4, sur ces 1OOO emplois, les ATER et IATOSS seraient recrutés à la rentrée 2004 sans support budgétaire et les 7OO enseignants-chercheurs recrutés en Janvier 2005 le seraient sur le budget 2005. Ce tour de passe-passe estival du Gouvernement justifierait ainsi la zéro création d'emplois au budget 2005 de l'enseignement supérieur. Or, les 1OOO emplois obtenus en AVRIL 2OO4, au même titre que le rétablissement des 55O emplois pour la recherche, l'ont été pour corriger les régressions des budgets 2003 et 2004.
En restant muet sur ses intentions concernant les créations d'emplois au titre strictement de l'année 2005, (donc hors des 1000 emplois acquis le 7 avril 2004), le gouvernement veut imposer ce zéro créations d'emplois et l'abandon de ses engagements et responsabilités dans l'attribution des moyens nécessaires à la recherche et à l'enseignement supérieur publics. Cette décision serait lourdement dommageable pour l'année 2005 mais aussi, avec la programmation prévue par la Loi d'Orientation et de Programmation, pour les années suivantes.
Le SNESUP-FSU alerte dès maintenant les enseignants du supérieur. Il s'élèvera contre de telles dispositions s'ils elles se confirmaient. Il rappelle que l'exigence des moyens nouveaux et importants nécessaires au développement de la recherche et de l'enseignement supérieur est celle de toute la communauté scientifique, que cette exigence est largement portée par l'ensemble de la population. Les plus hauts responsables de l'Etat en ont reconnu la priorité nationale. Ces exigences doivent être prises en compte dans les mesures relatives au budget 2004, dans le budget 2005, comme dans la future Loi d'Orientation et de Programmation pour la Recherche et l'Enseignement Supérieur.
Ces annonces vont particulièrement à l'encontre des revendications des jeunes. Les étudiants se destinant au métier de professeurs de lycées et collèges seraient privés de ces débouchés du fait de la suppression annoncée de 5000 postes dans ce secteur ; quant aux jeunes chercheurs, ils verraient de nouveau s'éloigner leurs perspectives d'un emploi stable et reconnu par l'absence annoncée de créations d'emploi de chercheurs et d'enseignants chercheurs.
Alors que les réflexions et les propositions des Etats Généraux pour la Recherche et l'Enseignement Supérieur doivent être développées en septembre et octobre prochains, alors que les besoins en emplois nouveaux, pour la recherche et l'enseignement supérieur sont évalués à 7000 par an (enseignants-chercheurs, chercheurs, Ingénieurs, Techniciens, personnels d'administration et de services..) les annonces budgétaires, si elles devenaient des mesures effectives ne pourraient que susciter l'indignation et la colère dans les universités comme dans les organismes de recherche.
Le SNESUP, avec la FSU et ses syndicats, s'opposera à toute mesure de régression budgétaire, à toute rupture des engagements pris. Il prend dès maintenant contact avec ses partenaires, l'Intersyndicale, " Sauvons la Recherche ", les associations de Jeunes Chercheurs pour organiser toute intervention commune et pour préparer la riposte dès septembre.