Comm. FSU 22/9/04:budget

Publié le 22 septembre 2004

Communiqué de presse
Paris, le 22 septembre 2004

NDLR de www.snesup.fr : nous reproduisons ci-dessous le communiqué publié par la FSU. Retrouvez toutes les autres actus de la FSU sur www.fsu-fr.org

EDUCATION : LE BUDGET 2005 AGGRAVE
LES BUDGETS 2003 ET 2004

Alors que les besoins en éducation et en formation sont de plus en plus importants, qu?il est indispensable de conduire une politique ambitieuse de réussite de tous et de lutter énergiquement contre l?échec scolaire, le projet de budget 2005 pour l?éducation tourne le dos à ces exigences.

Il constitue un des pires budgets depuis de longues années : les quelques affichages en trompe l?oeil ne sauraient faire illusion.

En effet il poursuit et aggrave les orientations des deux précédents budgets.

Les nouvelles coupes claires qu?il programme dans l?emploi public vont se traduire par une dégradation des conditions d?accueil et d?encadrement des élèves et des étudiants, par une sous administration du service public et par une réduction significative de l?offre d?enseignement et de formation.

En matière de recherche et d?enseignement supérieur pour l?essentiel le budget ne fait que traduire budgétairement en 2005 les engagements pris en avril 2004.

Dans les enseignements scolaires le solde affiché de moins 4460 emplois correspond à une réalité bien plus préoccupante :

  • dans les écoles seulement 685 postes nouveaux sont prévus alors que plus de 50000 élèves supplémentaires sont attendus ;
  • dans les lycées et collèges aux 5510 suppressions inscrites au budget (3410 titulaires et 2100 contractuels) s?ajoutera un nombre encore indéterminé de suppressions de postes considérés en surnombre (1000 à 2000) ;
  • pour les personnels administratifs, ce sont 776 suppressions qui sont prévues touchant à la fois les services et les établissements scolaires : dans ce secteur un départ à la retraite sur deux ne sera pas compensé.

A cela s?ajoute la disparition de plus de 15000 surveillants et aides éducateurs remplacés par seulement 9800 assistants d?éducation.

L?augmentation des postes aux concours dans le second degré (14000 contre 12500) ne fait que maintenir le décalage avec le nombre de départ à la retraite (18000), le nombre de postes au concours de professeur des écoles est en diminution : le déficit ne sera comblé que par le recours aux listes complémentaires et à la précarité, laissant prévoir 5 à 6000 suppressions d?emplois en 2006. En outre l?absence de création d?emplois de stagiaires risque de se traduire par une réduction supplémentaire des moyens d?enseignement de l?ordre de 1000.

L?argument avancé est celui de la démographie : curieuse arithmétique qui fait que dans les écoles on crée en moyenne 1 poste pour environ 70 élèves supplémentaires tandis que dans le second degré les suppressions représentent le double des conséquences mécaniques de la baisse prévue des effectifs (41000 élèves) !

La seule mesure qui répond partiellement à des revendications anciennes concerne les régimes indemnitaires : elle ne saurait compenser les régressions en matière d?emploi.

En réalité c?est la capacité du système éducatif à assurer la réussite de tous les jeunes et à promouvoir l?égalité face à l?éducation qui risque d?être gravement compromise par des choix à courte vue qui sacrifient l?avenir.

Il en va de même pour la recherche et l?enseignement supérieur : les 550 emplois de chercheurs annoncés ne font que recréer ceux qui avaient été supprimés en 2004. Dans l?enseignement supérieur les mesures nouvelles se limitent à la création de 150 emplois d?enseignants-chercheurs. Elles ignorent totalement les besoins IATOS et les exigences du mouvement qui a mobilisé l?ensemble de la communauté scientifique. Les crédits de recherche sont très insuffisants pour aller vers 1 % du PIB pour la recherche publique et sortir de la stagnation des 0,6 % actuels.

Alors que le Premier Ministre vient de proposer aux Français un contrat pour 2005 intégrant l?Education, ce projet de budget montre la vacuité de son engagement. Il laisse très mal augurer du contenu de la future loi d?orientation pour l?école tout comme celui de la loi d?orientation et de programmation pour la recherche.

Face à un projet de budget exceptionnellement grave, la FSU recherchera l?unité la plus large possible pour des choix à la hauteur des besoins.

A lire aussi : le communiqué de presse publié par le SNESUP