Comm FSU
Communiqué de presse
24/02/2005
Compte rendu du groupe de travail au ministère (DPMA) du 24 février
2005
à l’initiative de Dominique Antoine, avec les organisations syndicales
représentées au CTPM.
Pour la FSU : Philippe Rampon et Danielle Patinet (SNASUB), Solange Sourribe
(UNATOS), Didier Goutner (SNUAS-FP), Xavier Cotte (SNICS).
Dès l’entrée dans la salle, les représentants de
la FSU ont eu le sentiment que beaucoup était déjà joué
entre le ministère et certaines organisations syndicales. Après
avoir invité les organisations qui le souhaitaient à faire une
déclaration préalable, D. Antoine a formulé ses propositions
d’aménagement du dispositif. Le bougé provisoire portant
principalement sur l’abandon pour tous les personnels de l’évaluation
mais pas de la notation - en 2005, ou sa proposition d’abandonner
définitivement la note chiffrée pour les ITRF (à la demande
du SNPTES-UNSA) ne modifient en rien le fond de la réforme, dont il a
vanté la « dynamique nouvelle » qu’elle représentait.
Ainsi est maintenu le quota de 20% des agents notés pouvant bénéficier
de réductions maximum pour le passage à l’échelon
supérieur. Nous avons rappelé que cette mesure, en mettant les
agents en concurrence entre eux, va à l’encontre de la valorisation
des missions des services et de la reconnaissance des qualifications détenues
par les personnels, favorisant le « carriérisme ».
Par ailleurs nous avons défendu , pour les personnels ITRF comme pour
tous les autres, le principe de l’utilisation de critères quantifiables
(barèmes), le seul recours à la comparaison entre eux des rapports
d’activité ou d’évaluation ne permettant pas d’opérer
un classement de manière objective.
Les commissions académiques d’harmonisation pour les personnels
en fonction dans le supérieur seraient supprimées. Les ITRF et
les personnels de bibliothèques relèveraient désormais
d’une commission nationale, et les personnels de l’ASU relèveraient
de la commission académique d’harmonisation placée auprès
du recteur. Au passage, D. Antoine réaffirme que la filière ASU
doit conserver toute sa place dans le supérieur. Il annonce la mise en
place prochaine d’un groupe de travail sur les filières de l’enseignement
supérieur et de la recherche. Celui-ci examinera un éventuel rapprochement
des modes de gestion, voire des statuts des ITRF (enseignement supérieur)
et des ITA (recherche). A
l’heure où les EPST sont menacés, la séparation ITRF/ASU
d’un côté et le rapprochement ITRF/ITA de l’autre nous
font craindre une volonté de réduire les effectifs et de promouvoir
la mobilité et la flexibilité de ces personnels, plutôt
que de reconnaître la spécificité de leurs métiers.
Dominique Antoine a donc affirmé qu’il n’y aurait aucune
évaluation, pour aucun personnel relevant de l’éducation
nationale, en 2005. Cette année sera par contre consacrée à
la fixation des objectifs de chacun, sur la base d’entretiens individuels.
Il a admis que la fixation de ces objectifs ne devait pas être contractuelle,
mais relevait de la seule responsabilité du supérieur hiérarchique.
Les premiers entretiens d’évaluation auront lieu en 2006. Des instructions
vont être rapidement données en ce sens aux recteurs et présidents
d’université. Par contre, sauf pour les ITRF (voir plus loin),
il y aura bien notation en 2005 sur la base du nouveau dispositif réglementaire.
Pour tous les personnels autres qu’ITRF cette notation servira de base
à une campagne de réduction d’ancienneté au titre
des années 2004 et 2005. Pour les ITRF, la campagne de réduction
d’ancienneté au titre des années 2004 et 2005 s’effectuera
selon les modalités du décret de 1985 portant statut de cette
filière. Suite à une intervention de la FSU sur la situation particulière
des personnels TOS, Dominique Antoine précise qu’ils ne feront
pas l’objet d’une évaluation puisqu’à partir
du 1er janvier 2006 ils seront placés entièrement sous la responsabilité
des collectivités territoriales.
Enfin, D. Antoine étudie l’idée, sur la base d’une
notation qui resterait bisannuelle, de maintenir une campagne annuelle de réduction
d’ancienneté. L’UNSA et le SGEN se sont montrés très
favorables à cette idée. Pour ce qui concerne la FSU, nous avons
émis de vives réserves. En effet, le risque est que ce soient
les mêmes individus qui seront concernés les deux années
consécutives. Dans ce cas, non seulement il n’y aurait aucun effet
de répartition des réductions entre un plus grand nombre de collègues,
mais ce serait pour l’État le moyen d’économiser un
an sur deux le coût de la moitié des promotions (il n’y a
pas de petites économies !).
La tenue même de ce groupe de travail et les « mesurettes »
proposées par le directeur de la DPATE, qui consistent essentiellement
à reporter d’un an la mise en œuvre de certaines dispositions
réglementaires, ne sont que le résultat d’un double constat
qu’il a du faire :
• d’une part la forte opposition des personnels à ce qu’ils
perçoivent comme une remise en cause du service public et des garanties
collectives des fonctionnaires ;
• d’autre part l’impossibilité matérielle dans
laquelle se trouve l’appareil administratif de faire face à la
réforme dans les délais initialement prévus.
En l’occurrence, le ministère de l’éducation nationale
se contente de reculer pour mieux sauter l’obstacle, mais il ne renonce
aucunement à son projet initial qu’il entend appliquer dans son
intégralité.
La balle reste dans le camp des personnels.
Philippe Rampon et Danielle Patinet