Com07 FSU
Communiqué de presse
25/05/2007
ENJEUX DE LA RECHERCHE ET DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : LA FSU INTERPELLE LA MINISTRE
Dans un premier temps, Gérard Aschiéri a conduit une délégation large de syndicats de la FSU -SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNES- pour porter devant la Ministre, Valérie Pécresse, ce vendredi 25 mai, les conceptions et propositions de la première fédération syndicale de l'éducation et de la recherche.
- Ambition pour l'ensemble du service public de l'éducation, nécessaires articulations entre secondaire et supérieur et convergence entre les filières pour la réussite des jeunes et l'accès de 50% d'une classe d'âge à un diplôme universitaire ;
- Exigences fortes pour la formation des enseignants dans les IUFM intégrés ;
- Nécessité de prise en compte des propositions des organisations syndicales et des avis des instances telles que Conseil Supérieur de l'Education, CNESER, CTP, ...
Elle a également évoqué les filières STAPS et le sport à l'université, ainsi que les revendications des infirmières sur leurs qualifications.
La FSU a dénoncé le contenu et la précipitation de la loi "autonomie-gouvernance" annoncée par François Fillon pour juillet et que la Ministre se doit de mettre en oeuvre.
La lisibilité des formations (indispensable pour éviter l'accroissement de la sélection sociale), l'attractivité des métiers du supérieur et de la recherche, les statuts passent, selon la FSU, par une politique ambitieuse et volontariste et des financements conséquents, plutôt que par la déréglementation qu'instaurerait de fait l'"autonomie renforcée".
La Ministre, qui a indiqué que pour elle la priorité en matière d'enseignement allait au cycle Licence des universités, a exposé ses 5 chantiers incluant certaines de nos préoccupations : vie étudiante, sports et filière staps, carrières, locaux et cadre de vie, entrée dans le métier des jeunes docteurs.
Si ces chantiers correspondent à des préoccupations que la FSU
partage et pour lesquels elle a des propositions à faire, l'affirmation
par la Ministre que le calendrier du projet de loi sur l'autonomie serait maintenu
en dépit des protestations, ne peut que poser problème. Certes,
elle a réaffirmé que tout pourrait être négocié
et qu'il n'y aurait ni sélection, ni modulation nouvelle des droits d'inscription,
ni remise en cause du caractère national des diplômes ; mais l'on
peut craindre que plus d'autonomie et de concurrence ne battent en brèche
ces "garanties", voire pèsent sur le contenu des mesures issues
des autres chantiers. La FSU reste opposée à ce passage en force.
Dans un second temps, le SNESUP, le SNCS, le SNASUB, syndicats les plus représentatifs
du supérieur et de la recherche, ont porté devant la Ministre
des propositions qui ouvriraient à la réussite d'un plus grand
nombre de jeunes dans l'ensemble du post-bac. La Ministre reprend à son
compte tous les aspects du Pacte recherche (ANR, AERES, PRES, ...) ; elle n'a
pas paru être à l'écoute de nos critiques sur ces questions.
Elle a reconnu par contre que les orientations du gouvernement ne permettraient
pas d'atteindre les 3 % du PIB pour la recherche en 2012. Les syndicats ont
dressé le tableau et se sont inquiétés d'une précarisation
croissante pour l'ensemble des personnels de l'enseignement supérieur
et de la recherche. Ils ont appelé à des mesures de fond et d'urgence
pour la résorption de cette précarité. La Ministre a semblé
consciente des déséquilibres hommes-femmes dans les carrières
; elle a annoncé qu'elle entendait les corriger.
Après cette rencontre, la FSU estime absolument nécessaire la tenue et la réussite des Assises du supérieur et de la recherche associant tous les acteurs.
Paris, le 25 mai 2007