Com04 secrétariat général
Communiqué de presse
08/12/2004
COMMUNIQUÉ
Après Grenoble, le SNESUP appelle la communauté scientifique,
universitaire, l’ensemble du pays à intervenir pour imposer un
développement nouveau de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Les Etats Généraux de la recherche et de l’enseignement supérieur ont permis de construire un ensemble cohérent de propositions fortes pour un développement nouveau du service public national d’enseignement supérieur et de recherche. Ces propositions ont la légitimité d’un débat engagé dans l’ensemble de la communauté scientifique et enraciné dans le mouvement sans précédent qui a mobilisé l’ensemble de la communauté scientifique dans le premier semestre de cette année.
La reconnaissance de cette force, de cette légitimité et de cette unité du mouvement devrait s’imposer à tous. Pour l’heure, l’ensemble du mouvement et de ses composantes –SLR, syndicats et associations- doit intervenir, uni, comme l’engagement en a été pris à Grenoble. Le comité de suivi doit activement exprimer cette nécessaire unité face au Ministre. De même la lutte contre la précarité qui frappe les jeunes chercheurs, l’action pour un fonctionnement démocratique des instances à tous les niveaux avec la pleine place des élus de la communauté scientifique, appellent toujours débat, approfondissements et actions.
Alors que le Ministre fait annoncer son pré-projet pour la fin décembre, le projet complet fin janvier, et le vote de la LOP au printemps 2005, il déclare en même temps vouloir limiter à des « consultations informelles » les discussions et négociations les plus larges qui pourtant s’imposent.
Une telle méthode ne peut que soulever les plus grandes
inquiétudes sur les projets gouvernementaux concernant la future LOP.
D’autant qu’en même temps le Ministre met en place son Agence
Nationale pour la Recherche, lance ses projets libéraux de « pôles
de compétitivité » et de CDD-post doc de 5 ans pour les
jeunes chercheurs touchés par une précarité récurrente.
Il encourage directement les directions du CNRS, INSERM, CEMAGREF, à
lancer des « expérimentations » d’éclatement
et de gestion privée des grands organismes de recherche publique.
Le SNESUP informe les universitaires de cette situation dangereuse pour le service
public, pour leurs missions, leurs statuts et conditions de travail. Il propose,
avec l’Intersyndicale, à SLR, la tenue, le plus tôt possible,
d’assemblées d’établissements, l’organisation
d’un mouvement rassemblant la communauté scientifique dès
janvier.
Il s’agit de reconnaître et d’imposer les principales conclusions des Etats Généraux. Le rappel ferme de la CPU pour un « plan pluriannuel d’investissement de la Nation » peut contribuer à imposer l’effort budgétaire à la mesure des enjeux de la recherche et de l’enseignement supérieur, dans ce pays et en Europe. Par contre, le SNESUP s’étonne de prises de position renouvelées de la direction de la CPU allant dans un sens opposé. Ainsi, des options, comme la réduction des organismes de recherche publique à de « simples agences de moyens », comme les « modifications réglementaires et/ou législatives autorisant les dérogations nécessaires pour permettre d’authentiques expérimentations ». Toutes ces options ont été rejetées par la communauté scientifique. Quant au « renforcement du principe d’autonomie des universités, leur permettant une responsabilité pleine et entière », soit il va dans le sens d’un approfondissement de la démocratie dans les universités, du développement de leurs coopérations, comme le proposent les Etats Généraux, soit il ouvre la voie à la conception libérale et concurrentielle de l’université-entreprise que développe le récent rapport parlementaire de M. Herbillon.
La Communauté universitaire ne peut que dénoncer la manœuvre du Ministre érigeant la CPU en interlocuteur privilégié et l’utilisant contre les acquis du mouvement.
Le SNESUP rappelle que c’est par le plus large débat que la communauté scientifique s’exprime et construit ses propositions. L’avis personnel ou collectif des responsables élus à la direction des établissements, est un élément important de ce débat ; il ne saurait pour autant s’y substituer.
C’est pourquoi le SNESUP propose
1. que les établissements, avec l’ensemble de
leurs personnels, les étudiants soient saisis et débattent de
ces questions de fond et d’urgence,
2. que les conseils soient saisis de façon conjointe
et contradictoire des conclusions des Etats Généraux et de la
prise de position de la CPU du 18 novembre, et qu’ils se prononcent sur
leurs principales propositions,
3. que, dans le cadre de la discussion et du vote des budgets
dans chaque établissement, toutes mesures et prises de position soient
établies de façon la plus large pour s’opposer à
la misère des dotations ministérielles en crédits et en
emplois et pour imposer dans la future LOP l’effort national pour le recherche
et pour l’enseignement supérieur qui s’impose.
Pour le Secrétariat National du SNESUP
Maurice HERIN
Secrétaire Général