Com. STAPS 03/04/04

Publié le 3 avril 2004

Coordination Nationale STAPS - ANESTAPS - UNEF - SNESUP - SNEP

Communiqué de presse
Paris, le 03/04/2004



La Coordination Nationale STAPS, l'ANESTAPS, l'UNEF, le SNESup,le SNEP tiennent tout d'abord à souligner le succès de la journée de grève et d'action du 2 avril 2004.
Ils ont été reçus par le cabinet de Monsieur Fillon, le Directeur de l'Enseignement Supérieur et des représentants de la Direction des Personnels Enseignants.
A cette occasion, ils ont une nouvelle fois évoqué dans le détail les trois grandes questions revendicatives qui fondent et expliquent les actuelles mobilisations en STAPS et parmi les enseignants d'EPS.

  1. S'agissant d'abord du projet de décret relatif à l'emploi sportif, porté par le Ministère des Sports, ils ont exigé que le Ministère de l'Education Nationale, contrairement à l'attitude qu'il a adoptée jusqu'ici, se sente pleinement responsable de ce dossier. Ils ont fait de ce changement de posture, un préalable à la reprise très rapide de négociations interministérielles incluant le Ministère des Sports.
    Sur le fond l'ensemble des membres de la délégation est unanime pour exiger l'inscription de droit des diplômes STAPS sur la liste des diplômes titres ou certificats de qualification prévue par l'article L 363-3 du code de l'éducation. Concernant la carte professionnelle il est demandé qu'elle soit délivrée de droit aux personnes dont les diplômes sont inscrits sur la liste (sauf condamnation visée à l'article L 363-2 du code de l'éducation) afin d'éviter la confusion entre la reconnaissance de l'aptitude à encadrer des activités physiques et sportives et le contrôle administratif et réglementaire de cet exercice.
  2. S'agissant maintenant des conditions d'études en STAPS, les divers représentants ont fait la démonstration concrète du retard considérable d'investissement dans ce secteur. Ils ont exprimé avec force et parfois émotion, l'impression d'un abandon total de la part de leur Ministère de tutelle. Le sous-encadrement, la précarité de nombreux formateurs, le nombre considérable de vacataires ( parfois 3 fois plus nombreux que les titulaires), l'insuffisance criante des conditions matérielles ( locaux pédagogiques, installations sportives), l'éclatement des lieux de formation (la fatigue et les dépenses financières qu'il entraîne) ont été dénoncés. Là aussi, l'urgence des réponses a été évoquée, c'est tout particulièrement vrai pour le recrutement de nouveaux enseignants, enseignants-chercheurs et personnels IATOSS.
    Le contenu de l'actuelle réforme LMD en STAPS a été contestée, tant du point de vue du dispositif, de son fonctionnement, que de son absence de lisibilité et de transparence. Des inquiétudes se sont exprimées à l'égard de la préservation de l'identité des STAPS, de la prise en compte par la réforme en cours de l'extraordinaire émergence des besoins sociaux qui s'expriment aujourd'hui dans notre pays, dans le champ du sport, des activités physiques et de l'Education Physique et Sportive. Ils ont affirmé que seuls le développement de la recherche et la production de nouvelles connaissances tant théoriques que pratiques permettront de relever ces défis.
  3. S'agissant des postes supprimés au concours d'EPS, les divers représentants ont montré que l'argumentation ministérielle des 1000 enseignants sans service en EPS n'était pas acceptable. En effet, on assiste à une préparation de la nouvelle rentrée basée sur un développement des heures supplémentaires dans cette discipline, la suppression d'enseignements d'options et projets dans des régions sous scolarisées ou à public en difficulté, à une régression considérable dans les remplacements. De plus, les jeunes se sont engagés dans cette voie professionnelle suite à l'annonce par le Ministère de nombreux postes à pourvoir en EPS dans les années à venir, du fait notamment des départs en retraite. Les intervenants ont demandé des postes supplémentaires dès cette année et que soit envisagée une programmation des recrutements.

Le cabinet du nouveau Ministre ne s'est engagé sur aucun des sujets évoqués, bien qu'il ait prêté une attention particulière aux difficultés évoquées par les différents protagonistes du 2 avril.
La délégation a demandé qu'une réponse écrite du Ministre lui soit transmise en début de semaine et qu'un calendrier précis de négociations lui soit très rapidement communiqué.
Elle a précisé au représentant du Ministre qu'elle entendait poursuivre les négociations avec les deux interlocuteurs concernés ( MEN et MJS) dans le cadre unitaire qui a caractérisé l'action et la rencontre du 2 avril 2004.
La Coordination Nationale STAPS, l'ANESTAPS, le SNESup , le SNEP appellent les étudiants, les personnels, les formateurs à poursuivre l'action, à débattre des objectifs et de ses modalités au plan local en veillant à préserver son caractère unitaire.