Com. après 9&10/03

Publié le 14 mars 2005
Communiqué du Bureau National du 14/03/2005

Le mouvement pour la Recherche et l’Enseignement Supérieur public
est dans une phase cruciale

Le succès de la Journée Nationale du 9 mars pour la recherche et l’enseignement supérieur est un évènement d’importance. Tant à Paris qu’en d’autres villes, des initiatives multiples ont rassemblé des milliers de collègues. Et la force renouvelée du mouvement social du 10 mars réunissant ensemble, pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail, plus d’un million de salariés du privé et du public crée une situation nouvelle pour imposer ces revendications.

Mis en difficulté par les mouvements qui se développent, le gouvernement, les Ministres Fillon et d’Aubert essaient de diviser, multiplient les « missions exploratoires » de leurs collaborateurs Ils engagent des négociations séparées, ils jouent le calendrier et le temps pour affaiblir le mouvement, pour imposer un projet libéral largement rejeté.

Tout indique que le gouvernement n’a pas renoncé à imposer des choix et des mesures destructrices de leur projet de LOPRI de janvier dernier. Ainsi a été hâtivement mise en place par décret, l’Agence Nationale de la Recherche pour un contrôle, un pilotage de la recherche publique au service des exigences directes du MEDEF.

A l’opposé, aucune réponse réelle et aucun engagement face aux revendications fortes de création de 4500 emplois scientifiques par an (dont un minimum de 2200 emplois d’enseignants-chercheurs, 1500 iatoss et ita).

Ce ne sont pas des propos confidentiels, et jamais confirmés, qui pourront rassurer les jeunes chercheurs à la recherche de l’emploi stable et reconnu qu’ils exigent légitimement. Au-delà de la compassion officielle affichée envers les jeunes chercheurs victimes de la précarité, toutes dispositions sont prises ou préparées qui aboutiraient à maintenir et même à étendre cette précarité, et non à la combattre. De même, alors que les Etats Généraux ont fermement affirmé l’exigence que « tous les enseignants-chercheurs doivent pouvoir développer leur recherche » et d’abord disposer du temps de travail et des crédits nécessaires, aucun propos officiel ne prend en compte la revendication-clé d’une réduction (le snesup demande 25 %) des services d’enseignement dans le supérieur.

La force du mouvement oblige le pouvoir à des adaptations, à faire miroiter quelques concessions non confirmées. Mais, pour l’instant, il ne répond à aucun des points essentiels pour une recherche et un enseignement supérieur de qualité : le temps disponible, les emplois nécessaires, les crédits de base pour la recherche publique, la démocratie dans les instances avec la place et le rôle des élus de la communauté scientifique, les coopérations équilibrées entre établissements, entre organismes et universités pour le développement scientifique, culturel, technologique de l’ensemble du territoire.

Après les 9 et 10 mars, les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche ont aujourd’hui des possibilités nouvelles pour se faire entendre, pour arracher les réponses à leurs revendications, pour faire prendre en compte leurs propositions communes. Dans cet objectif, le SNESUP propose à l’Intersyndicale et à SLR, trois initiatives :

  1. Développer la mobilisation par une campagne commune d’information au plus près des personnels et étudiants, de pétition et d’interpellation des responsables locaux, des parlementaires particulièrement. Cette campagne devrait avoir en même temps pour objectif de préparer une Journée Nationale de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur dans la seconde quinzaine de mars selon des modalités à décider ensemble, en lien avec l’initiative des fédérations de l’éducation.
  2. Organiser une action commune pour rassembler tous les éléments de la situation pour
    • Préciser les revendications à satisfaire sans délai par un collectif budgétaire avant la prochaine rentrée. Pour sa part, le SNESUP demande en priorité :
        - la création de 4500 emplois scientifiques au titre de 2005, (2200 d’enseignants chercheurs);
        - le doublement des crédits de base de la recherche tant pour les organismes que pour les universités et autres établissements d’enseignement supérieur;
        - l’augmentation à 5000/an (au lieu de 4000 en 2005) du nombre de création des allocations de recherche, et relèvement de leur montant à 1500 euros/mois.
    • Réaffirmer et développer les exigences de la communauté scientifique pour une Loi d’Orientation et de Programmation pour la Recherche et l’Enseignement Supérieur (LOPRES) répondant aux besoins sociaux et prenant pour base les propositions rassemblées aux Etats Généraux de Grenoble.
  3. Exiger et imposer au gouvernement des discussions et négociations réelles avec tous les acteurs représentatifs de la recherche et de l’enseignement supérieur dans les délais les plus brefs.