Com 23/03
Communiqué de presse
22/03/2004
STAPS-EPS : Plus de 12 000 voix dans Paris !
La communauté STAPS-EPS n'a pas raté le rendez-vous du
18 mars 2004. Venus des quatre coins de la France dans des conditions
matérielles très difficiles, les étudiants étaient
présents à raison de plus d'un sur cinq, ainsi que de nombreux
formateurs.
Ceux qui n'ont pas pu « monter », très souvent pour des raisons
financières, ont poursuivi l'action localement.
La balle est dans le camp du gouvernement.
À la demande de tous ceux qui étaient dans l'action c'est une
configuration interministérielle sous l'autorité du Premier Ministre
qui a reçu une large délégation d'étudiants, d'enseignants
et de formateurs, le SNEP, le SNESup. L'échange a duré de 17h
à 20h30.
Côté éducation nationale et à propos de la réduction
du nombre de postes mis au concours du CAPEPS, c'est le refus total de revenir
sur les chiffres annoncés. Tous les arguments avancés dans la
presse depuis plusieurs semaines nous ont été « resservis
» : il y aurait « trop d'enseignants d'EPS sur le terrain »
et nous devrions remercier le Ministre d'avoir maintenu un CAPEPS cette année
et de s'engager à le maintenir l'année prochaine puisque le concours
aurait pu être fermé pendant 2 ans. Aucun responsable de l'administration
ne peut toutefois expliquer le différentiel entre le chiffre des départs
à la retraite (de 2004 à 2007 entre 1100 et 1400 par an, chiffre
du MJENR de 2001) et celui des postes ouverts au concours 2004 (780 postes seulement).
Nous avons contesté globalement l'argumentation « technique
» de la direction des personnels (DPE) qui « fonderait
» ces choix. Celle-ci est contredite par les informations
qui nous remontent du terrain chaque jour, exprimant un manque d'enseignants.
Elle est nourrie au plan rectoral et local par des modes de
gestion de la discipline cherchant à masquer la réalité.
S'agissant des moyens d'encadrement des UFR-STAPS, des IUFM et des SUAPS
où les besoins se chiffrent par centaines de postes, c'est l'amnésie
ministérielle. La formation STAPS est parmi les moins encadrées
du supérieur, ce qui justifie la création de centaines d'emplois
d'enseignants et d'enseignants du supérieur, le Ministre reste insensible
à cette réalité. Cette attitude relève de la logique
profonde du budget 2004 de réduction des dépenses publiques. La
représentation parlementaire aurait « fait des choix sur lesquels
le gouvernement ne pourrait revenir ». Interrogé, dans
ce cadre, sur les annonces du Premier Ministre en réaction à certains
problèmes (restaurateurs, buralistes) et engageant des dépenses
non inscrites dans le budget 2004, les représentants du gouvernement
sont restés silencieux. Il y a bien deux façons aujourd'hui
d'entendre les « besoins sociaux » qui s'expriment.
L'éducation nationale persiste à ne pas voir
d'étroites relations entre la qualité de la formation, de l'encadrement
et l'accès des diplômés STAPS aux métiers du sport
dans l'enseignement et dans les autres secteurs professionnels. Cela fait partie
des nombreux non-dits du discours ministériel entendu hier, très
calibré, culpabilisant et fait pour peser sur les consciences des différents
interlocuteurs. À propos du LMD, les Ministres n'ont pas compris, les
enjeux de professionnalisation et de production de connaissances en STAPS .
Du côté du ministère des sports, nous avons obtenu
que le projet de décret incriminé soit réécrit en
particulier ses articles 1 et 2 ; la question des équivalences serait
revue de façon favorable. Restent des zones d'ombre : par qui seront
définis les standards de formation relatifs aux questions de «
sécurité » ? (loi sur le sport). Pourquoi y aurait-il maintien
d'une carte professionnelle renouvelable tous les 3 ans ? Quels seront la position
et le rôle du MJENR dans cette négociation ?
Tout cela appelle la poursuite de l'action dans les STAPS et dans les
IUFM. Il faut continuer à rassembler massivement tous les étudiants,
les formateurs et donc décider ensemble des initiatives à prendre,
tout en discutant des modalités de validation des diplômes pour
cette année universitaire.
L'élargissement des revendications et le renforcement de l'action
s'imposent. Chacun en est conscient. Il nous revient à tous
de rendre concrète cette nécessité.
Le SNEP et le SNESUP proposent que la semaine du 21 au 27 mars
2004 soit l'occasion d'initiatives et d'interventions soutenues auprès
des élus et dans les débats électoraux en cours. Les deux
syndicats mettent en débat une initiative nationale décentralisée
EPS-STAPS rassemblant étudiants, enseignants, parents, leurs organisations
et coordinations. Ils vont, par ailleurs, relancer une grande campagne de pétition
sur les questions du CAPEPS, des conditions d’enseignement dans le Supérieur
et des contenus de formation en STAPS.
Paris, le 22 mars