Com. (21/09) silence gouv
Communiqué de presse
21/09/2005
Recherche et enseignement supérieur : le gouvernement doit enfin répondre !
Face à la force et à la détermination du mouvement qui rassemblé la communauté scientifique en 2004 et encore en 2005, le gouvernement a dû cependant concéder l’engagement de création de 3000 emplois nouveaux pour 2006 dans la recherche et l’enseignement supérieur publics, il a dû admettre une première revalorisation ( + 5 %) des allocations pour les jeunes chercheurs. Ce sont des acquis importants pour le mouvement et pour la recherche dans ce pays. Mais, en même temps, le gouvernement refuse de prendre en compte les propositions élaborées par l’ensemble des personnels et des acteurs de la recherche aux Etats Généraux de novembre 2004, et plus récemment par l’ensemble des organisations syndicales. Le nouveau Ministre rejette un réel débat avec la communauté scientifique : il impose à l’ensemble de la communauté scientifique le black out complet sur son projet de Loi d’Orientation et de Programmation pour la Recherche, comme sur le projet de budget 2006 Il rejette une réelle discussion avec ses organisations représentatives des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur
Des mesures précises sont engagées à la hâte en
dehors de toute concertation. C’est la mise en place de l’Agence
Nationale de la Recherche (ANR), de l’Agence de l’Innovation Industrielle
(AII), chargées du pilotage technocratique de la recherche. C’est,
par le système des appels d’offres opaques, la mise en concurrence
des équipes, des chercheurs et des établissements, c’est
encore la répartition sans réel contrôle, d’importantes
dotations de crédits d’état vers les entreprises. Ce sont
encore des mesures de précarisation de l’emploi public comme privé.
En même temps que le Premier Ministre annonce qu’il fera une présentation
d’un « plan recherche » ce 29 septembre, N.Sarkozy livre à
la presse de ce 20 septembre un lourd résumé des mesures libérales
visant à recomposer l’ensemble du service public de recherche et
d’enseignement supérieur en un système d’établissements
concurrentiels, gérant de façon privée leurs personnels
et leur budget.
Au-delà des questions de personnes, ce discours et les mesures prises ou envisagées sont largement concordants. Ils sont inacceptables et ne répondent ni à l’attente des personnels ni aux besoins de développement de la société.
La France dispose d’un atout majeur, largement soutenu par la population,
reconnu à l’étranger qu’est le service public d’enseignement
supérieur et de recherche en France. Ce service public, il faut le transformer
et le développer. C’est de démocratie et de moyens à
la hauteur des besoins. C’est le développement conjoint de la recherche
et des formations supérieures, les coopérations, les mutualisations
entre établissements entre universités et grands organismes de
recherche qui sont à engager.
Le SNESUP-FSU, avec les autres organisations appelle la communauté scientifique
à intervenir de nouveau et avec force dans ces choix décisifs.
Le mouvement qui se prépare pour la grève unitaire du 4 octobre,
avec au centre l’emploi, la lutte contre la précarité, la
défense des services publics est une première étape d’importance.
Oui, la communauté scientifique, les personnels, les étudiants
réunis, peuvent et doivent contraindre le gouvernement à les entendre
: ensemble défendre et développer la recherche et l’enseignement
supérieur publics.
Jean FABBRI
Secrétaire Général du SNESUP
Le 21 septembre 2005