Com.12/01: préinscription
Communiqué de presse
Paris, le 12 janvier 2007
ORIENTATION DIRIGEE A L'ENTREE DANS LE SUPERIEUR ?
Après le conseil des ministres du mercredi 10 janvier où les Ministres de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et le Ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la recherche ont présenté une communication relative à la mise en oeuvre des propositions de la commission du débat national Université-emploi, le SNESUP-FSU fait connaître ses inquiétudes.
Si l'idée d'accompagner les jeunes dans la construction d'une orientation choisie et réussie dès le début de leur parcours universitaire est nôtre, et mobilise déjà l'énergie et l'inventivité pédagogique de milliers d'universitaires, dans des conditions d'encadrement très en deçà des besoins, le cadre retenu par le gouvernement ignore à la fois cette réalité et la spécificité des études universitaires.
La logique du secondaire, qui a sa cohérence n'est pas celle du supérieur, où l'organisation, la finalité des études, les disciplines enseignées sont pour nombre d'entre elles nouvelles, à un moment de la vie des jeunes bacheliers où leurs aspirations sont encore incertaines et doivent autoriser prises de contact et adaptations graduelles et réversibles.
On voit mal comment pourrait véritablement accompagner le choix informé des jeunes un dispositif qui privilégie le rôle des seuls conseils de classe des lycées (selon quels critères, avec quelle expérience ?) et ne met pas directement en synergie les équipes travaillant dans les universités avec celles des lycées, et qui refuse de fournir les moyens nécessaires aux contacts et suivis nécessaires.
Le SNESUP dénonce dans ce dispositif un véritable trompe l'oeil, qui s'appuyant sur l'inquiétude des jeunes et des familles quant à l'entrée dans le supérieur et le coût lié aux études, vise à organiser une sélection déguisée et à conformer les générations de jeunes vers des orientations, envisagées dans une logique d'adaptation étroite à des besoins économiques locaux. L'ouverture privilégiée des sections de techniciens supérieurs et des IUT pour les bacheliers issus des baccalauréats techniques et des baccalauréats professionnels ne répond qu'imparfaitement à l'aspiration croissante à une élévation du niveau des qualifications ; d'autant qu?il y a loin des intentions aux capacités d'accueil, de suivi, d'accompagnement des ces publics. Une fois de plus les jeunes des milieux les plus modestes seraient perdants !