Com. 08/04 annonce postes
Communiqué de presse
Paris le 8 avril
Recherche-Enseignement Supérieur :
des avancées, des acquis à développer
Les décisions annoncées ce jeudi soir par le nouveau Ministre sont une avancée importante qu'il faut mettre au compte de la force du mouvement qui s'est développé dans la communauté scientifique, universitaire, pour " sauver ensemble la recherche et l'université ".
La restitution des 550 emplois de chercheurs titulaires qui avaient été transformés en CDD est un acquis de première importance. C'est un point d'appui contre la précarisation de l'emploi qui frappe et décourage les jeunes chercheurs. C'est aussi un signe fort, un encouragement à l'action pour celles et ceux que le gouvernement et le patronat voudraient enfermer dans la flexibilité et l'insécurité de l'emploi.
La création, dès 2004, de 700 postes d'enseignants chercheurs titulaires dans les universités, répond pour l'essentiel à la revendication de création de 1000 postes d'enseignants-chercheurs. Le SNESUP-FSU souligne l'importance de cette mesure qui doit être inscrite dans la Loi de Finances rectificative. C'est sur ses évaluations et ses propositions que cette exigence est devenue, dans les dernières semaines, la revendication de tout le mouvement ; c'est sur son intervention lors de fermes discussions, ce mercredi midi, avec le Ministre de la Recherche, que le calendrier d'application (avec recrutement en 2004 et prise de fonction au 1er janvier 2005) en a été retenu.
La création de 150 postes d'Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) est une perspective pour autant de jeunes doctorants ou docteurs en attente de recrutement dans l'enseignement supérieur. Mais cela souligne la nécessité d'un plan de création d'emplois d'enseignants chercheurs titulaires pour répondre aux déficits cumulés des universités (17.000 emplois selon la dernière évaluation officielle actualisée). Cette exigence est fortement exprimée par les jeunes doctorants et docteurs, notamment par les 7000 d'entre eux qui sont déjà en situation d'ATER. Elle est portée par les 25.000 docteurs officiellement qualifiés pour le recrutement sur un poste d'enseignant chercheur et qui demeurent dans cette attente de recrutement. En même temps, la création de seulement 150 emplois d'IATOS, alors que plus de 1000 sont immédiatement nécessaires pour assurer la prochaine rentrée est très largement insuffisante. De même la question du relèvement des crédits recherche au niveau de 2002 n'a reçu à ce jour qu'une réponse partielle.
Les mesures annoncées ce mercredi soir constituent donc des avancées, mais elles doivent être développées dans une véritable politique de l'emploi scientifique, pour les universités et pour les organismes de recherche. Le Ministre s'est engagé à ouvrir une discussion sur ce point, dès la semaine prochaine avec les organisations représentatives, dans le cadre de la préparation du budget 2005 et de la future loi de Programmation pour la Recherche et l'Enseignement Supérieur. C'est à une autre dimension que le gouvernement devra s'engager : à la mesure des besoins individuels et collectifs de formation et de recherche. C'est l'avenir des jeunes, leur emploi, le développement scientifique et culturel partagé dans l'ensemble de la société qui sont en jeu.
Les objectifs de recomposition libérale de l'ensemble du service public d'enseignement supérieur et de recherche développés depuis des années ne se sont pas évanouis avec le précédent Ministre. Le projet de l'Université - Entreprise, les propositions visant à éclater la relation fondatrice enseignement supérieur-recherche sont l'objet d'une active promotion.
C'est pourquoi, s'appuyant sur les premiers acquis du mouvement, le SNESUP-FSU
appelle à développer les initiatives dans tous les établissements, à maintenir
la pression. Il appelle à une participation active de tous les universitaires
aux Etats Généraux pour la Recherche et l'Enseignement Supérieur.
C'est
une transformation démocratique développant un grand Service Public National
d'Enseignement Supérieur et de Recherche qu'il faut ensemble imposer. Les initiatives
d'action communes et des débats réellement démocratiques dans des Etats Généraux
ouverts, auxquels doivent pouvoir participer tous les acteurs, toutes les forces
impliquées, sont plus que jamais nécessaires.
L'unité, la force et le
succès du mouvement dans les mois écoulés en sont le garant.