Com 07 20 novembre
Communiqué de presse
12/11/2007
Un service public de l’enseignement Supérieur et de la Recherche, des moyens de vivre et un statut pour tous
Grève et Manifestations le 20 Novembre
Les organisations syndicales soussignées de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche se félicitent de l’appel unitaire à la
grève le 20 novembre des fédérations de la Fonction Publique
: CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, SOLIDAIRES, CFTC.
Rien dans les propositions du gouvernement ne répond aux deux revendications
essentielles : pouvoir d’achat et emploi public. Les dernières
mesures annoncées en matière de pouvoir d’achat sont dérisoires
(contenu, nombre d’agents concernés), alors que les personnels
exigent un rattrapage, une revalorisation du pouvoir d’achat pour tous
et une refonte globale de la grille indiciaire. Face aux exigences d’un
service public de qualité et de proximité, répondant aux
besoins de toute la population, basé sur des emplois publics statutaires,
le Premier Ministre affirme: « Moins de services, moins de personnels,
moins d’Etat ». La suppression de plus de 22 000 postes dans le
projet de budget 2008 porte atteinte au service public et aux débouchés
de nombreux étudiants.
Avec le Pacte Recherche et la loi « Libertés et Responsabilités
des Universités », avec un budget 2008 sans création d’emplois
de titulaires pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, le
gouvernement dispose déjà de moyens pour mettre en place cette
politique et entraîner ce secteur dans la généralisation
des contrats précaires et de statut privé (CDD, CDI) et dans une
concurrence sans limite.
Loi LRU, une attaque contre les universités
La loi « Libertés et Responsabilités des Universités
» n’apporte pas de réponse aux besoins du service public,
identifiés de longue date par la communauté universitaire et ses
organisations représentatives concernant notamment l’avancée
de la connaissance, le rapprochement dans un système homogène
des diverses formations supérieures, la démocratisation de l’accès
aux études et la réussite des étudiants. Cette loi est
un précurseur des intentions du gouvernement pour le reste de la Fonction
Publique. Un des premiers textes d’application présentés
généralise le travail étudiant dans les universités.
L’opposition à la loi LRU et à la politique universitaire
du gouvernement, amorcée dès juin par des votes de motions dans
les conseils d’administration, se traduit par un large mouvement de mécontentement
– Assemblées Générales, grèves, manifestations
– au moment où les projets de révision des statuts des établissements
montrent combien la démocratie et la collégialité sont
altérées.
… et contre les organismes de recherche
En même temps, est confirmée la volonté gouvernementale
de démanteler les organismes de recherche. Avec un rôle limité
à celui d'agences de moyens, ils perdraient leur rôle d'élaboration
des politiques scientifiques. Le CNRS et les universités ont des rôles
et responsabilités communs et complémentaires. S'il est nécessaire
de redéfinir et d'élaborer démocratiquement leur coopération
– notamment en matière de cotutelle des UMR –, cela ne doit
en aucun cas résulter de choix autoritaires du seul pouvoir politique.
L’évolution nécessaire du CNRS ne saurait conduire à
le démanteler. La transformation du CNRS en des instituts mono-disciplinaires
coupés des universités serait sclérosante, sa dilution
brutale dans les universités serait source de graves dysfonctionnements.
Des choix budgétaires désastreux
Les choix budgétaires pour l’Enseignement Supérieur et
la Recherche sont désastreux. Aucun recrutement supplémentaire
n’est prévu alors que c’est une condition indispensable à
l’amélioration de la réussite en licence. Le projet de budget
2008 renforce aussi considérablement la part des financements de la recherche
sur projets (essentiellement par l'ANR), tout en actant une stagnation des crédits
récurrents des unités. Comment alors assurer le développement
d’une recherche dans tous les domaines de la connaissance ? De plus, une
part importante des moyens est consacrée au crédit-impôt-recherche,
sans contreparties notamment en matière d’embauche. Enfin, aucune
réponse n’est apportée à la précarité
des personnels et des étudiants, la priorité étant donnée
aux recrutements sur CCD, aux bourses au mérite et aux prêts étudiants.
Pour toutes ces raisons, les organisations syndicales
soussignées de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
appellent les personnels et les étudiants à participer à
la journée de grève, de rassemblements et de manifestations du
20 Novembre avec tous les autres fonctionnaires.
Un service public de l’enseignement Supérieur et de la Recherche, des moyens de vivre et un statut pour tous
Grève et Manifestations le 20 Novembre
Pour tous les personnels, il faut :
- des augmentations collectives de salaires et non leur individualisation, pour
tous les personnels avec un effort particulier pour les catégories C
- la reconnaissance des qualifications et des fonctions
- la revalorisation et le déblocage des carrières, notamment leur
début
- le respect des statuts de la fonction publique et des droits des personnels
hors statut et non titulaires, avec titularisation selon un plan d’intégration
Pour le Service Public d’Enseignement Supérieur et de
Recherche, pour l’ensemble de ses personnels et des étudiants,
il faut :
- une programmation pluriannuelle de créations de 5 000 postes de titulaires
par an pour les métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur
(2007-2012)
- des crédits pour les financements de base de la recherche
- des moyens pour l’aide sociale, le logement étudiant et la réussite
des étudiants
- le recrutement sur poste statutaire des jeunes chercheurs au plus près
de la thèse ; un contrat de travail couvrant thèse et courte période
post-doctorale
- l’arrêt du pilotage tout azimuts (recherche, formations) par le
Ministère et le respect des instances comportant des élus (CoNRS,
CNESER, …)
- le maintien comme opérateurs de recherche du CNRS et des EPST dans
une relation équilibrée avec les universités
- un tout autre cadre législatif pour l’Enseignement Supérieur
et la Recherche que les lois « LRU » et « Pacte pour la Recherche
», avec une programmation budgétaire pluriannuelle
S’opposer à la politique du gouvernement sur les services publics
et la fonction publique suppose une riposte d’envergure pour obtenir satisfaction.
Les organisations syndicales soussignées de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche appellent les personnels et les étudiants à
participer à la journée de grève, de rassemblements
et de manifestations du 20 Novembre avec tous les autres fonctionnaires
Dès à présent, dans les établissements, elles appellent
personnels et étudiants à débattre dans des AG
de la situation des universités, des organismes de recherche et de la
Fonction Publique et à amplifier l’action. Elles les appellent
à exprimer leurs exigences en matière de réussite des jeunes,
de salaires, d’emploi public, de défense du service public, de
missions et de statut de la Fonction Publique.
Organisations signataires :
FSU (SNESUP, SNCS, SNETAP, SNEP, SNASUB) ; CGT (SNTRS) ;
UNSA (SNPTES, A & I, Sup’Recherche); SOLIDAIRES (Sud-Recherche-EPST)
; UNEF