Com 05: Villepin décevant

Publié le 29 septembre 2005

Communiqué de presse
Paris, le 29 septembre 2005

DES ILLUSIONS, RIEN DE NEUF, DES MENACES

Les personnels de la recherche et de l'enseignement supérieur comme l'ensemble de la société attendaient autre chose des déclarations du Premier Ministre. Les mesures du budget 2006 sont insuffisantes en financement et en créations d'emplois. C'est ensuite dans la conférence de presse de ce jour, un montage complexe de chiffres pour donner l'illusion d'une prise en compte des objectifs pourtant souscrits par les pouvoirs publics à Lisbonne : 3 % d'effort pour la recherche. On cherche en vain les créations d'emplois absolument nécessaires dont ce secteur a besoin et qui étaient chiffrées dans un rapport du commissariat au plan (du 28 septembre !) à 14700 postes à l'horizon 2013. Et, en l'état, leur programmation pluriannuelle est toujours refusée.
En la matière, le gouvernement renonce à tout objectif chiffré, comme il refuse sa confiance à des instances démocratiques issues de la communauté scientifique et de la société pour élaborer des schémas prospectifs pour la recherche et l'enseignement supérieur. Malgré l'emphase des déclarations, la recherche dans toutes ses déclinaisons, fondamentales et appliquées, dans ses logiques propres, dans les richesses qu'elle apporte à la société, est totalement malmenée.

Dans le détail, les mesures annoncées sont dérisoires pour les universités, y compris les 110 millions pour les bâtiments et la mise en conformité pour la sécurité. Rien n'est annoncé pour rattraper les retards et les insuffisances avérés des Universités en matière d'encadrement pédagogique, d'entrée dans la carrière pour les nouveaux enseignants-chercheurs, de statut des doctorants, de dépense par étudiant dont le SNESUP demande, avec l'UNEF, qu'elle soit portée à 10000 euros par an.

Pour la recherche, la revalorisation des allocations de recherche et la création de 3000 postes supplémentaires en 2006 (déjà annoncés des dizaines de fois) dans la recherche publique, cache à peine des exonérations fiscales massives et des aides financières pour " inciter " les entreprises à investir dans la Recherche et Développement.

Même si certaines annonces tiennent partiellement compte de demandes de la communauté scientifique, elles sont insuffisantes voire dangereuses. Des propositions majeures des Etats Généraux de la recherche ne sont pas prises en compte : PRES comme outil démocratique de recherche, d'enseignement supérieur et d'aménagement du territoire, instances démocratiques représentatives de la communauté scientifique pour la prospective et l'évaluation de la recherche. Et au contraire, c'est l'annonce de l'émergence de campus de recherche ayant un statut de fondations ; c'est le nouvel outil pour créer des pôles d'excellence.

Le SNESUP appelle l'ensemble des acteurs de la recherche et de l'enseignement supérieur à amplifier dans les établissements les actions conduites dans un souci de proposition et de construction depuis 2004 pour donner enfin au pays les moyens de sa recherche. Le 4 octobre constitue un premier moment fort de mobilisation. Le SNESUP appelle tous les universitaires à contribuer à son succès.