Com 04 14/10 Fillon

Publié le 14 octobre 2004

Communiqué de presse
15/10/2004

Entrevue SNESUP-SNASUB-SNCS avec F.Fillon le 14 Octobre 2004 :
Le Ministre écoute, adapte… et persiste sur le fond.

SYNDICAT NATIONAL DE
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
78, rue du Fg Saint-Denis
75010 – PARIS
Tél. : 0144799621
Fax : 0142462656
Courriel : sg@snesup.fr

 


Recevant le 14 Octobre à 19h une délégation du SNESUP-FSU, du SNCS-FSU et du SNASUB-FSU, le Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, François FILLON, a réaffirmé à cette occasion ses orientations de fond tout en tenant des propos rassurants et d’autres plus inquiétants.

Persistance des orientations sur le LMD et sur les budgets.

Tout en reconnaissant qu’il existe des difficultés, et même des « désordres », dus pour l’essentiel au « basculement accéléré », d’une organisation des études supérieures dans une autre et qu’il fallait « clarifier les choses », aucune ouverture n’a été faite quant à un cadre national permettant la lisibilité et la comparabilité des cursus. Sur les budgets, le Ministre a inscrit les choix pour l’enseignement supérieur et pour la recherche dans les « contraintes financières», prenant comme argument le fait que la France emprunte sur les marchés mondiaux 25 % de ses financements pour faire face à ses dépenses en cette fin d’année. Mais il n’a rien dit sur les cadeaux fiscaux aux entreprises et aux catégories les plus aisées décidés par le gouvernement. Dès lors dans une telle voie, souhaiter comme il l’affirme pouvoir continuer sur la « pente » des 3 % d’augmentation du budget de l’enseignement supérieur (inflation incluse !) et du milliard (en trompe l’œil) pour la recherche, c’est refuser de prendre en compte les exigences qui rassemblent la communauté universitaire, l’ensemble du monde scientifique.

Apparemment rassurants sont les propos exprimant sa volonté d’élever le niveau de qualification des jeunes et d’augmenter le nombre de diplômés, y compris dans l’enseignement supérieur, de « faire évoluer les IUFM et de renforcer leur caractère « universitaire et professionnel », d’organiser le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche en réseaux associant l’ensemble des universités, sans « critères de taille ». De même s’agissant de l’ouverture d’une concertation, intégrant les organisations syndicales sur les questions de la recherche après les conclusions des Etats Généraux à Grenoble, pour préparer la future Loi d’Orientation et de Programmation pour le recherche.

Mais inquiétantes sont les orientations que le Ministre précise sur la mise en œuvre du budget global des Universités au motif de l’application de la Loi Organique des Lois de Finances (LOLF). Sous l’objectif assigné aux universités de « maîtrise de leurs moyens », c’est bien la vision libérale de l’université – entreprise qui est en vue.

Inquiétantes encore sont les affirmations que les difficultés de la recherche viennent d’abord de son organisation "inadaptée" .

Préoccupante est la traduction qu’il fait du « socle commun des connaissances » inspiré du rapport THELOT, l’acquisition de ce « socle » serait la condition de passage d’un cycle à un autre dès le milieu de l’école primaire, c’est ouvrir ainsi la voie à de nouveaux mécanismes de sélection précoce. Et troublante est l’absence de réponse quant à la pérennité de l’article 17 de la loi d’orientation de 1989 portant création des IUFM.

Affirmant enfin sa volonté de faire une « réforme d’envergure » le Ministre a précisé des éléments importants concernant les deux lois en chantier : la loi relative à l’enseignement scolaire et celle relative à la recherche et à l’enseignement supérieur. Calendrier : fin 2004 pour la première ; été 2005 pour la seconde.

Eléments de contenu : la loi scolaire comporterait des objectifs d’élévation des qualifications des jeunes et d’augmentation du nombre des diplômés dans la perspective de l’accès à l’enseignement supérieur ; la loi sur la recherche traiterait aussi de la recherche dans les établissements d’enseignement supérieur, mais sans qu’il y ait de programmation précise des moyens budgétaires correspondants.

Le Ministre défend les choix libéraux et les décisions budgétaires du Gouvernement, sans réellement prendre en compte l’ampleur la demande sociale de formation supérieure et de recherche, encore soulignée par de récents rapports de l’OCDE, et sans répondre aux exigences portées par le mouvement de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Les enseignants du supérieur, les personnels, les étudiants en tireront la conclusion qu’ils doivent se faire entendre pour que s’imposent les nécessaires transformations du service public, le co-développement de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’engagement par l’état de moyens nécessaires à la mesure des enjeux posés.


Le Secrétariat National du SNESUP Paris le 15 Octobre 2004