Collectif des doctorant∙es du Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé), Université de Lille
« Pour une université libre, antifasciste et autonome »
Doctorantes et doctorants en sociologie et en économie du Clersé, réuni·es en assemblée générale ce lundi 12 octobre, nous affirmons notre soutien aux mobilisations lycéennes et étudiantes en cours, ainsi qu’aux revendications qu’elles portent.
Nous appelons l’ensemble des doctorant·es de notre laboratoire, ainsi que tous les membres de notre communauté universitaire, à participer aux journées de mobilisation, aux manifestations et aux initiatives collectives organisées dans le cadre du mouvement lycéen et étudiant pour contribuer à son élargissement.
Nous dénonçons la dégradation continue des conditions d’enseignement, qui porte atteinte depuis plusieurs années aux missions du service public d’éducation et à la dignité des élèves. Nous dénonçons la répression absolument inouïe qui s’abat sur la mobilisation lycéenne. Nous affirmons notre solidarité avec celles et ceux qui se mobilisent pour défendre leurs droits et réclamer les moyens nécessaires à une éducation publique égalitaire et de qualité ; leur colère est aussi la nôtre.
Afin de garantir à toutes et tous des conditions d’apprentissage dignes et égalitaires, nous soutenons les revendications portées par le mouvement, notamment :
- L’abrogation de Parcoursup et de Mon Master, contre la sélection à l’université.
- Un réinvestissement massif dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur.
- Des recrutements de personnels à la hauteur des besoins (enseignant·es, AESH, infirmier·es scolaires, assistant·es sociales, ...).
- Une refonte des rythmes scolaires.
- La rénovation du bâti scolaire.
Nous dénonçons les coupes budgétaires successives qui, depuis de nombreuses années, dégradent les établissements d’enseignement public, les formations, les conditions de travail et d’étude au profit du privé. Ce travail de sape se déploie en parallèle d'un mouvement plus insidieux de délégitimation des savoirs critiques et d’attaque des libertés académiques, provenant de l'extrême-droite et soutenu par la droite radicalisée.
Nous nous opposons à l’augmentation des frais d’inscription imposés aux étudiant·es étrangers·ères hors UE (2 902 € pour une année de Licence ; 3 950 € pour une année de Master) et demandons leur abrogation. Nous réaffirmons notre attachement à un enseignement supérieur public, ouvert à toutes et tous, sans discrimination fondée sur la nationalité ou les ressources.
Nous appelons à soutenir la cagnotte de soutien matériel aux lycéen-ne-s et étudiant-e-s lillois
1 et à relayer les informations d’un groupe d’étudiant·es qui organise des distributions alimentaires et de produits d’hygiène pour les plus précaires2, suite à la fermeture des espaces de restauration du CROUS et de santé étudiante.
En tant que doctorantes et doctorants, nous nous positionnons dans les luttes collectives à la fois comme étudiant·es et comme travailleur·euses précaires de l’enseignement supérieur. Nous assurons, en effet, une part essentielle des enseignements, tout en faisant face à une multiplication croissante des années de contrats précaires jusqu’à l’accès, de plus en plus incertain, à un poste titulaire. Cette situation contribue à notre précarisation durable et à la dégradation de nos conditions de travail et de vie. Ainsi, nous revendiquons des ouvertures massives de postes de titulaires, la suppression des frais d’inscription pour toutes et tous, ainsi que des moyens permettant de garantir à toutes et tous des conditions de travail et de recherche dignes.
Nous dénonçons le recours actuellement généralisé aux fermetures administratives des bâtiments universitaires, décidé par certaines présidences d’université, dont celle de Lille, dans une volonté de casse des espaces de discussion collective et de la mobilisation actuelle. Cette mesure est d’autant plus inacceptable qu’elle s’accompagne de la fermeture des Restaurants Universitaires Crous et des Centres de santé, aggravant la précarité des étudiant·es. D’autres universités, comme celle de Nanterre, ont fait des choix différents en laissant ouverts les campus, sur le modèle de l'éducation populaire. Nous appelons la présidence de l’Université à revenir, le plus rapidement possible, sur cette décision.
Nous appelons ainsi à la convergence des mobilisations lycéennes, étudiantes et des personnels de l’enseignement secondaire et supérieur pour défendre un service public d’éducation, d’enseignement supérieur et de recherche émancipateur, égalitaire et doté des moyens nécessaires à ses missions.
Le collectif des doctorant∙es du Clersé réuni ce 12 octobre 2026 en Assemblée Générale
1 https://www.onparticipe.fr/c/Sa1HBITz?fbclid=PAb21jcAU6D8JleHRuA2FlbQIxMQBwZG9mAnNydGMGYXBwX2lkDzU2NzA2NzM0MzM1MjQyNwABpzCLQvRY3GnehiDwwTL7tirGFt5Kp75B-VtrTmkPGruGobrm8prXdUn0J_FL_aem_DJMv-5GVRRDH77xSCBx53g
2 https://www.instagram.com/ravitaillement_blocus?rpxt=N3ltZW0zYXA4bGF3