CNU 23 : CR 2004

Publié le 15 octobre 2004

CNU

23ème section, Géographie

 

Session 2004

Auteur(s) :

Michel Bussi, Rodolphe Dodier, Nathalie Lemarchand

NDLR : Les compte-rendus sont publiés sous la responsabilité de leur(s) auteur(s).
Liste des élus de la section : cliquez ici !



Composition de la section 23 du CNU
Comme dans de nombreuses sections, les résultats favorables à la liste SNESUP dans les urnes ont été contrebalancés par des nominations très orientées. Si quelques-unes des nominations étaient tout à fait justifiées (pour combler des manques sur certains profils), d’autres ont au contraire contribué à renforcer des déséquilibres sous-disciplinaires ou géographiques. Cela n’a pas empêché le SNESUP d’obtenir trois des quatre postes du bureau, bien que les élections soient parfois très serrées. Ce contexte difficile aurait pu avoir une incidence sur le fonctionnement de la section, mais l’ambiance de travail respectueuse des différences qui prévalait dans le précédent CNU a été heureusement sauvegardée.

Maîtres de Conférences :
En observant un historique établit depuis 1998, on note la progression régulière du pourcentage de qualifiés lors du précédent CNU. Cette évolution s’est fait dans un contexte de plus grande ouverture de la section aux différentes sensibilités présentes dans la discipline et d’amélioration générale de la qualité des dossiers, tant sur le fond que dans la forme. Avec l’élection d’un nouveau CNU, on pouvait craindre que cette dynamique soit remise en cause. En 2004, le nombre d’inscrits à la qualification comme MCF était de 254, une vingtaine de plus qu’en 2003. Le nombre de candidats ayant déposé un dossier s’élevait à 211 et 139 furent qualifiés, soit une proportion de 65,88%. Ce chiffre est en retrait de 4 points par rapport à 2003, année exceptionnelle mais reste supérieur à toutes les années antérieures.

Taux de qualification MCF 23ème section du CNU

session du CNU

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004
avec Muséum

2004
sans Muséum

inscrits

255

239

289

208

202

231

254

251

candidats réels

238

215

235

154

166

181

211

209

qualifiés

127

117

131

95

104

126

139

134

% qualifiés par rapport aux candidats réels

53.36

54.42

55.74

61.69

62.65

69.61

65.88

64.11

 

Il est important de rappeler aux candidats la nécessité de faire parvenir un dossier complet à leurs rapporteurs, quitte à le compléter, rapidement, par un deuxième envoi en cas d’oubli ou de difficulté pour obtenir une pièce (notamment le rapport de soutenance en cas de soutenance tardive). En effet, il est difficile d’évaluer un dossier sans un curriculum vitae récapitulant le parcours et l’expérience du candidat, sans le rapport de soutenance ou sans les travaux de recherche. L’ensemble est indispensable. Après discussion, les membres de la section 23 se sont mis d’accord sur la nécessité de disposer de la thèse comme l’un des trois travaux de recherche, sauf de rares exceptions (thèse ancienne). Celle-ci a parfois été envoyée sous forme d’un CD, ce qui « allège » les frais postaux du candidat, mais ce format ne fait pas l’unanimité des rapporteurs (pour des difficultés de lecture à l’écran d’un document volumineux).


Les candidats non qualifiés présentent deux profils différents.

Une partie d’entre eux viennent d’autres disciplines que la géographie ; sociologie, économie, histoire, agronomie ou géologie... Leur cursus est celui de leur discipline d’origine, mais dans leurs travaux, ils ont intégré la dimension spatiale avec plus ou moins d’importance ; si elle est un simple appui, la candidature a été rejetée, le candidat pouvant être qualifié (ou non !) dans une section qui semble plus compétente pour juger du dossier. Une attention particulière a toutefois été portée aux candidats issus de disciplines sans section de rattachement identifiable (agronomes en particulier). Par contre, si des candidats originaires d’autres disciplines ont eu une vraie démarche vers la géographie (collaborations avec des géographes, publications, etc.), les candidatures ont été examinées avec les mêmes critères que les candidats originaires de la géographie.

La deuxième situation rencontrée est celle de candidats devant améliorer leur dossier. Le doctorat présente des faiblesses et il n’y a pas d’articles démontrant l’approfondissement de la réflexion de l’auteur, ce qui entraîne la non-qualification. Même si nous sommes conscients que le travail du candidat reflète parfois des désaccords ou des faiblesses dans la direction de la recherche, il est nécessaire pour ces candidats de faire état d’autres travaux de recherche (articles, communications à des colloques, etc.). Dans un certain nombre de cas, des recommandations ont été faites pour améliorer le dossier, il est donc important de se procurer les rapports auprès du Ministère.


Par ailleurs, il est important de souligner que les candidats n’ont pas été défavorisés par l’absence de publications lorsque le doctorat était déjà un travail d’importance et de qualité et que le candidat présentait un profil soit de jeune docteur, soit de salarié, notamment d’enseignants.


Professeurs :

Candidats inscrits : 48
Dossiers reçus : 43
Candidats qualifiés : 18
Taux de qualification : 42%

La 23ème section a reçu 43 dossiers de qualification à la fonction de professeur des Universités. Elle a qualifié 18 candidats, soit un taux de 42%.

D’un point de vue quantitatif, ce nombre de 18 candidats qualifiés est faible, et même insuffisant vis-à-vis du nombre de postes de professeurs vacants à pourvoir en 2004. Cependant, après débat, la section CNU n’a pas souhaité assouplir les critères de qualification en tenant compte de cette pénurie démographique. Il n’apparaît notamment pas souhaitable de qualifier des candidats qui démontrent dans leur dossier peu de liens avec la géographie (une dizaine de candidatures dans ce cas) et qui pourraient en cas de qualification occuper durablement des postes sur lesquels des candidats, notamment des Maîtres de Conférences en géographie, pourront postuler dans les années futures.

Pour la qualification, la section 23 a retenu trois critères : la qualité de l’HDR, le niveau des publications, l’investissement dans les responsabilités administratives et d’encadrement de la recherche.

L’Habilitation à Diriger des Recherches : elle doit être jointe au dossier, ainsi que le rapport de soutenance. Elle doit révéler une problématique de recherche originale.

L’investissement dans les responsabilités administratives et d’encadrement de la recherche : cette dimension est apparue importante pour les membres de la section, y compris pour des dossiers excellents scientifiquement. L’investissement dans des responsabilités universitaires doit cependant être modulée en fonction du profil des candidats, notamment lorsqu’ils ne sont pas Maîtres de Conférence (chercheurs CNRS, autres chercheurs, etc.).

Les publications : le cas de candidats ayant trop peu de publications scientifiques, ou des publications trop locales, s’est posé plusieurs fois (il n’y a pas de nombre minimum imposé ou d’autres critères quantitatifs). Un fort investissement dans les activités administratives ou les formations professionnelles, même si leur importance est reconnue, ne permet pas de compenser pour la qualification un trop grand déficit de publications. Le dossier doit donc impérativement comporter plusieurs publications dans des revues scientifiques nationales ou internationales.

Cependant un refus de qualification par le CNU suite à un déficit de publications ne doit pas être vécu comme un échec définitif. Dans l’esprit des membres de la section, un dossier jugé « un peu court » a vocation à être qualifié par la suite si le candidat développe la diffusion scientifique de ses travaux.

Comme pour les Maîtres de Conférences, le cas de candidats aux marges de la discipline s’est fréquemment posé. Les critères retenus par la section, outre l’intérêt géographique des travaux de recherche, sont la présence de géographes au jury d’HDR, des travaux en collaboration avec des géographes, la citation de géographes en bibliographie, et un texte précisant les motivations d’une demande de qualification dans la section 23.

Ces différents critères ont donc amené la section à refuser des HDR rédigées trop rapidement ou des dossiers qui manquent de publications. Néanmoins, la majorité des dossiers de géographes, qui contiennent un itinéraire de recherche argumenté, un investissement pédagogique dans leur établissement, et des activités régulières de publications, ont été qualifié à la quasi unanimité.

On ne peut donc que regretter le faible nombre de dossiers présentés à la qualification et donc le faible nombre d’HDR soutenues en géographie. Il existe pourtant incontestablement en géographie un grand nombre de Maîtres de Conférences qui en possèdent le potentiel. Compte tenu de d’un effet d’encombrement lié à la pyramide des âges, beaucoup n’atteindront la classe exceptionnelle de Maîtres de Conférences qu’en fin de carrière, voire jamais pour certains. On ne peut donc qu’inciter nos collègues Maîtres de Conférences à s’engager dans une démarche d’HDR et une demande de qualification aux fonctions de professeur des Universités.