CNU 05 section 74
Publié le 13 juin 2005
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74ème section (STAPS) |
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Bilan de la session de qualification de la 74ème section de janvier 2005 |
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mai 2005 |
Auteur(s) : |
Les élus
SNESUP : Daniel Bouthier pour le collège A ; |
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NDLR : Les compte-rendus sont publiés sous la responsabilité
de leur(s) auteur(s).
- LA QUALIFICATION AUX FONCTIONS DE MAITRE DE CONFERENCES
Les résultats quantitatifs de cette année 2005 (proche de 46 % des qualifiés) démontrent une régression, malgré une augmentation du nombre de dossiers déposés. Cette tendance peut être interprétée d'une double manière (parfois complémentaire) : une course effrénée à l'excellence et à la reconnaissance scientifique ; un instrument de sélection des candidatures dans le champ des STAPS.
Sans remettre en cause les avancées de l'année 2004 en termes de fonctionnement plus transparent et plus démocratique de la section (notamment du point de vue de la synthèse des discutions opérée par le président dans ses propositions finales soumises au vote), plusieurs dérives sont apparues durant cette session.
La première provient d'une élévation des critères de qualification par rapport à ce qui a été indiqué aux candidats (via le site de cette section), notamment en ce qui concerne les deux publications (dont au moins une en premier auteur) dans des revues " de référence " dans le champ (indexées ou à comité de lecture).
La seconde est liée à une tendance des rapporteurs qui plutôt que de rechercher ce qui pourrait conduire un candidat à la qualification instruisent plutôt " à charge " les dossiers considérés a priori comme déficients.
La troisième, et peut être la plus grave en termes de perspectives (même si elle n'est pas forcément volontariste), est une certaine orientation " élitiste " du CNU qui, sous couvert de ce qui peut apparaître comme une recherche d'une reconnaissance scientifique extérieure, se comporte comme un relais zélé du Ministère dans sa volonté de prôner l'excellence à tout prix indépendamment des conditions de réalisation des doctorats selon leur laboratoire, leur thématique de recherche, leur institution, leur université. Et c'est le rôle des élus syndiqués du SNESUP de faire valoir, en accord avec notre profession de fois, notre attachement au service public et à ses instances majoritairement constituées d'élu(e)s, garantissant l'égalité des chances des candidats à la qualification indépendamment du lieu, du champ disciplinaire et des conditions d'obtention des doctorats.
Sur la base de ce constat, quelques précisions doivent être fournies en fonction des dominantes scientifiques afin de prévenir les futurs candidats sur ce qui peut les attendre l'année prochaine.
Tout d'abord, concernant les sciences de la vie et de la santé, les spécialistes du champ ont modulé " à la hausse " l'appréciation scientifique du niveau des revues durant cette session de qualification. Globalement, deux publications dans des revues indexées ne suffisent plus, même en premier auteur, si celles-ci ne sont pas de référence dans le champ disciplinaire. Un facteur d'impact inférieur à 0.4 apparaît aujourd'hui insuffisant, ce qui exclut nombre de revues prises jusqu'alors en compte (et qui ont sans doute pour certaines permis à quelques uns des membres de notre CNU de se qualifier en leur temps). Voici, à titre indicatif, une liste de revue qui ne sont pas à conseiller comme cible de publication valorisante en SVS pour l'actuelle 74ème section du CNU : journal of human movement studies, journal of human studies, Isokinetics and human sciences, Perceptor and motor skills, European bulletin APA, Strength and conditionning, sciences et motricité, Staps. Cependant les élus SNESUP continuent d'opposer à cette stratégie valorisant une classification " a priori " des revues, la nécessité pour les rapporteurs de lecture et d'appréciation du contenu des articles fournis.
D'autres points de discordance persistent encore avec certaines orientations du CNU.
Premièrement, il apparaît toujours que certains candidats " hors STAPS " sont encore qualifiés en raison d'un très haut niveau de la partie recherche de leur dossier sans qu'aucun élément tangible d'une volonté d'intégrer la 74ème ne soit apportée par le candidat (pas d'enseignement dans les STAPS, pas de lettre de motivation) ; le seul fait de déposer un dossier de qualification ne démontrant pas de facto une réelle volonté d'intégration (quelques cas antérieurs ont malheureusement attesté des difficultés d'intégration, voire de non intégration, dans les enseignements et les infléchissements des problématiques initiales dans les laboratoires d'accueil).
Deuxièmement, est encore posée la portée ou la signification d'un 3e nom (ou plus) dans une publication alors que de l'aveu même des experts, seule l'attestation (et la responsabilité) du premier auteur (voire du directeur de laboratoire) sur l'implication réelle dans le travail est un gage de garantie. Troisièmement, une augmentation du nombre de dossiers scientifiques issus des sciences médicales sur les thèmes du vieillissement, de l'obésité, des APA (dont les revues ont des impacts forts), au détriment des dossiers émanant des sciences du sport (dont les revues ont des impacts plus faibles), ce qui interpelle sur le type de recherches en sciences de la vie en STAPS : sciences de la motricité, du mouvement humain
Dans le champ des sciences humaines et sociales, il y a eu des progrès significatifs dans l'examen des dossiers en raison de la présence plus importante de spécialistes en la matière et de la prise en compte de nouvelles revues reconnues par le CNRS (rapport " Jannin ") dans de nombreux champs disciplinaires. Loin d'être une " bible ", ce rapport n'en est pas moins une aide précieuse pour les futurs candidats et les responsables de laboratoires dans l'avenir. En outre, un examen plus qualitatif des publications dans des revues " appliquées " ou à " vocation professionnelle " a été réalisé dans les sens positifs et négatifs. Néanmoins, compte tenu de nos engagements (profession de foi), nous avons le sentiment d'avoir contribué à ces améliorations, nous sommes encore insatisfaits sur certains points que nous espérons faire évoluer. Tout d'abord, la prise en compte de l'investissement dans une activité professionnelle (STAPS ou autres), la production de chapitre d'ouvrages ou d'ouvrages (quel que soit l'éditeur), ne pèsent toujours pas très " lourd " face aux publications dans des revues à comité de lecture. Ces éléments constituent un " plus ", mais pas un " minimum ", ce qui nous laisse souvent dubitatif en matière de comparaison (avec une courte note ou une publication en 3e nom ou plus). En effet, l'investissement personnel dans des activités administratives (ou professionnelles) ou rédactionnelles (ou de diffusion) liées à l'enseignement et à la recherche nous paraît être un signe fort d'une bonne intégration dans les STAPS.
Ceci étant, il nous faut évoquer une évolution de l'analyse des dossiers émanant du champ de l'histoire du sport qui bénéficiait jusqu'alors d'un traitement de faveur par rapport aux autres champs des sciences humaines et sociales. En effet, il apparaît que la " culture " des sciences historiques pénalise, d'une certaine manière, les candidats dans la mesure où les laboratoires apparaissent très thématisés, voire uniques, sur le territoire national. Ce qui limite a priori les possibilités de publications hormis dans les revues dudit laboratoire qui parfois est dirigé par le directeur de thèse des candidats. Ce fonctionnement autocentré de la recherche en histoire en France pénalise aujourd'hui les dossiers soumis à la 74e section, d'autant que de jeunes chercheurs ayant fait des post-doctorats à l'étranger ont trouvé des tribunes d'expression dans des revues étrangères reconnues internationalement malgré la spécificité de leur thème de recherche. Dans un souci de traitement égalitaire des dossiers en sciences humaines et sociales, il ressort qu'il faut déconseiller au candidat de publier exclusivement dans les revues de leur laboratoire ou dans des revues où leur directeur de thèse est le (ou un des) responsable(s).
Conscients que nos positions ne sont pas à l'heure actuelle majoritaires, nous oeuvrerons pour ne pas ne pas entrer dans une surenchère " d'excellence " (qui peut se mettre en place durant le déroulement du CNU et qui est très vite intériorisé par les membres du CNU) et nous continuerons à oeuvrer pour que soit maintenu un examen équilibré de l'ensemble des missions d'enseignant-chercheur : recherche, investissement pédagogique, responsabilités collectives. Ils tiendront compte de la diversité des formes de la recherche et de ses supports de publication. Les soussignés seront attentifs à ce que la " réputation " d'un support ne soit pas opposable, sous une forme ou sous une autre, à la qualité d'une publication, et sans surenchère par rapport aux textes en vigueur ou autres sections du CNU (du groupe). - LA QUALIFICATION AUX FONCTIONS DE PROFESSEUR DES UNIVERSITES
Au regard des 50 annonces initiales de dossiers, 43 (dont 24 SVS et neurosciences, et 19 SHS ; 37 hommes, 6 femmes) ont été examinés et seulement 10 (dont 6 SVS et 4 SHS; 9 hommes et 1 femme) ont donné lieu à un avis positif de qualification. Cela constitue donc une session extrêmement sévère du CNU avec seulement 23% de qualifiés (contre 37% l'an dernier et bien que nous étions déjà le CNU le plus sélectif). Si la balance SVS/SHS est moins disproportionnée cette fois-ci (mais est-ce significatif avec de si petits effectifs !), les candidatures des femmes restent à la fois trop peu nombreuses et trop peu prises en compte.
Avec 10 qualifiés, c'est-à-dire bien moins que le nombre de dossiers souhaitables pour candidater sur un seul poste de P.U., nous accréditons malheureusement par avance une politique malthusienne de création de postes pour insuffisance du vivier Ainsi l'élitisme scientifique prôné par certains aux motifs idéalistes de crédibiliser la section, voire par complexe d' " infériorité universitaire " pour d'autres, conduit de fait à un étranglement de la section par elle-même, bien au-delà des attentes ministérielles. Bien que nous ayons avancé en séance cette irresponsabilité politique au regard du développement des STAPS, nous n'avons pas été suffisamment suivi.
Des efforts ont pourtant été faits pour mieux prendre en compte, en accord avec nos mandats SNESUP, les engagements pédagogiques et administratifs dans les structures STAPS des candidats.
Un équilibre entre les composantes scientifiques, pédagogiques et administratives des dossiers a donc été apprécié à juste titre par le CNU. Cela a toutefois conduit à écarter des jeunes dossiers, ou des dossiers trop déséquilibrés (cf. Directeur de Recherche CNRS).
Il est donc attendu à partir de cette session des prises de responsabilités effectives de diplômes et/ de structures STAPS sur des durées consistantes, comme preuve d'investissement sur les différents pôles du métiers de P.U. Le seul refuge dans la publication scientifique et a minima dans l'enseignement n'est plus considéré comme suffisant.
Pour autant les seuils inférieurs de production scientifique non pas été abaissés. Les exigences de publication dans les revues considérées comme les plus consistantes par champ, et pour un nombre suffisant en premier auteur, restent de mise. Des revues considérées comme admissibles pour des candidatures en MC ne sont plus prises en compte en PU, notamment en sciences de la vie et de la santé. Par ailleurs les chapitres d'ouvrage, et les ouvrages, mêmes dans des maisons d'éditions prestigieuses, restent peu valorisés. Ce qui de nôtre point de vue restreint encore à tort le spectre des lieux reconnus de publication.
Ainsi donc le niveau global des attentes de la majorité des membres du CNU a encore augmenté, alors même que le niveau moyen des dossiers est resté stable voire c'est légèrement tassé.
A continuer ainsi nous courons à la catastrophe.