CDFN 24 MARS 2003

Publié le 24 mars 2003

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CDFN 24 MARS 2003

La FSU inscrit l'action dans la durée.

Les décisions et les annonces du gouvernement de ces derniers jours en matière éducative, sociale et économique s?accélèrent en portant des régressions inacceptables. Le dialogue social reste une formule, le passage en force une méthode.

En matière de retraites, si le gouvernement est obligé de tergiverser pour tenir compte du rapport de forces, les propos des ministres s?assimilent à une fin de non recevoir pour l?essentiel des propositions formulées par le mouvement syndical, il refuse de revenir sur les régressions que les mesures Balladur programment pour les salariés du privé et met systématiquement en avant l?allongement de la durée des cotisations pour l?ensemble des salariés, à commencer par les fonctionnaires ; le code des pensions est particulièrement visé dans tous ses aspects, que ce soit les 37.5 ans de cotisations, les 6 derniers mois comme salaire de référence, l?absence de système de décote etc? Ce sont des régressions pour l?ensemble des salariés qui sont ainsi programmées. Le gouvernement ignore totalement l?exigence de véritables convergences privé/public autour d?un droit à départ à 60 ans, d?un taux de remplacement de 75% au moins, de 37.5 annuités et de droits nouveaux dont le financement est maîtrisable. Il exclut la nécessité d?assurer de nouveaux financements passant notamment par une politique de plein emploi et la participation des revenus financiers. De fait, le seul choix qu?il offre à l?ensemble des salariés du privé comme du public est de travailler plus longtemps ? au détriment d?ailleurs de l?emploi des jeunes ? pour une pension réduite.

De même, la FSU s?inquiète des propositions contenues dans le pré-rapport Chadelat sur la sécurité sociale. Si celles-ci devaient être retenues, elles signeraient un renoncement à une sécurité sociale de haut niveau, avec le transfert d?une partie de ses missions vers l?assurance complémentaire, ouverte au secteur concurrentiel.

Au plan des services publics, le gouvernement fait de la baisse de l?impôt sur les revenus le fondement de sa politique budgétaire, une baisse de l?impôt qui n?avantage que les foyers les plus favorisés. Ce faisant il fonde sa politique sur la réduction des dépenses publiques.

Il fait de l?emploi public la principale variable d?ajustement et ne cache plus son intention de profiter des départs massifs en retraite pour réduire le nombre des fonctionnaires. En même temps il renvoie toute négociation salariale à la fin de l?année 2003 et cherche à lier gains de productivité et augmentation salariale : il refuse ainsi l?amélioration du pouvoir d?achat indispensable pour répondre à l?inacceptable situation des bas salaires et rendre à l?emploi public sa nécessaire attractivité.

Le dossier de la décentralisation est particulièrement caractéristique de cette politique.

La décision autoritaire de transfert de plus de 110 000 personnels de l?Education (TOS, AS, CoPsy, médecins) menace les missions de ces personnels, leur présence dans les établissements, leur appartenance aux équipes éducatives et leur participation à l?action éducative ; il ouvre la voie à des privatisations. De même les décisions de transfert ou d?expérimentation dans d?autres secteurs que l?Education remet en cause l?existence même de certaines missions et services, c?est le cas par exemple de la PJJ. Plus largement les mesures annoncées menacent l?unité des services publics, l?égalité d?accès aux droits, la capacité de nos services publics de répondre de façon cohérente et solidaire à l?ensemble des besoins des usagers. De ce point de vue ces décisions concernent l?ensemble des personnels.

En matière éducative et dans la recherche publique non seulement les décisions budgétaires ne sont pas remises en cause mais elles sont aggravées par les gels et suppression de crédits intervenus. Sur le dossier des assistants d?éducation le passage en force se confirme avec remise en cause du statut des MI-SE, des missions exercées par les aides éducateurs et l?avenir de ces derniers.

Sur l?ensemble de ces questions il importe de poursuivre l?action des personnels de l?éducation, de la recherche, de la culture et de l?ensemble des services publics mais aussi de susciter l?intervention convergente des salariés.

Depuis le début de l?année scolaire, la FSU a tout fait pour construire des mobilisations unitaires aussi bien sur le dossier éducatif (incluant la décentralisation) que sur celui des retraites. Que ce soit le 17 octobre, le 8 décembre, le 28 janvier, le 1er février, le 18 mars? les personnels ont été présents dans l?action avec la persistance dans la durée d?un niveau de mobilisation important.

Le CDFN apporte son entier soutien aux décisions d?action et de grèves (27 mars sur la décentralisation et le devenir de la PJJ, action décentralisation des IATOS du 3 avril, grèves reconductibles dans l?académie de Bordeaux, la Vienne, la Charente, le Havre, etc?) ; il appelle les personnels à développer et amplifier ce type de mobilisations. Il appelle l?ensemble des personnels à mener largement le débat et conduire une campagne d?opinion sur les enjeux et les raisons d?agir aussi bien en matière d?éducation, des services publics que de retraites.

Le CDFN considère qu?il faut à présent, sur l?ensemble des dossiers d?actualité, franchir un nouveau seuil dans la construction d?une action élargie et durable dans un cadre unitaire. Cette action doit prendre des formes nouvelles, y compris la grève reconductible. C?est ce que la FSU entend mettre en débat avec les personnels. La FSU prendra toute sa part dans cette construction. La journée du 3 avril qui rassemble dans une unité de plus en plus large les salariés du privé et du public, doit marquer un nouveau palier de la mobilisation pour les retraites et donner une impulsion nouvelle au mouvement que nous voulons construire face aux projets régressifs que le gouvernement entend imposer d?ici l?été. Le CDFN appelle les personnels à y participer massivement, à tout faire pour sa réussite et à profiter de cette journée pour débattre des suites et les construire. La FSU débattra en même temps des perspectives de poursuite avec ses partenaires.

La FSU suivra l?évolution de la situation et des actions lancées et réunira si nécessaire ses instances courant avril avec une réunion extraordinaire du CDFN au plus tard fin avril afin de faire le point de la mobilisation, de l?évolution des positions gouvernementales et des initiatives à prendre.