Breves 07

Publié le 1 mai 2007

 

Une lettre de Michel Brissaud

 

 

Le soir du premier tour, Sarkozy a fait une liste, un peu à la mussolinienne, de toutes les grandes mesures « sociales » qu’il prendrait s’il était élu. Quelques minutes plus tard, Xavier Bertrand, ex-ministre des affaires sociales et son porte parole insistait sur la décision « qui serait prise dès juillet d’augmenter les petites pensions qui en ont bien besoin… mesure qui serait financée par la suppression des régimes spéciaux. »

Cela passe par l’alignement des régimes spéciaux sur le Régime Général de la Sécurité Sociale, et sont « spéciaux » tous ceux qui ne sont pas inclus dans le régime général. La partie fonctionnaires de la loi de 2003 a fait pour les fonctionnaires un bout de chemin dans ce sens (sur la durée exigée, la décote, etc) mais sans aller au bout face aux fortes résistances. Et pour les autres régimes spéciaux (cheminots, mineurs, RATP, etc) les choses ne sont pas allées plus loin. Le projet Juppé en 1995, contenait déjà les mêmes démarches, sans oublier l’idée du remplacement des 6 mois par les 10 meilleures années, idée ressortie par Fillon en 2003, en annonçant les 10 puis les 3 meilleures années… puis il revint en toute dernière minute aux 6 mois devant les protestations.

Les choses sont donc très claires : une agression supplémentaire fait partie du programme du candidat, en remarquant aussi que l’on reste dans la logique de la droite qui consiste toujours à dresser les gens les uns contre les autres, en mettant ici en opposition les salariés et retraités ayant de petites pensions et les travailleurs relevant des régimes fonctionnaires, cheminots, etc,..

Comme s’il n’y avait pas de petites pensions chez ces catégories et leur nombre va être en hausse exponentielle par les dispositifs d’allongement, de décote, de suppression des bonifications pour enfants, et comme si les petites pensions du régime général n’étaient pas la conséquence directe des allongements de 2003, des décotes et de la baisse du salaire annuel moyen installées par Balladur en 1993, du blocage des réversions.

C’est pourquoi les positions que j’ai rappelé au Congrès national de la FSU fin janvier (voir site du SNESUP) exigent l’abrogation de toutes ces mesures régressives et l’élaboration d’une nouvelle loi donnant de nouvelles garanties (le départ possible à 60 ans, une pension de 75% pour 150 trimestres sans décote, le calcul sur les 6 mois, la restitution des bonifications pour enfant, etc)..en tenant compte des situations qui ont évolué (recrutements très tardifs, longues études, précarité, etc). Les menaces actuelles exigent nos ripostes, avant, pendant et après les étapes électorales qui se déroulent. Il faudra aussi en finir avec les stock-options, les parachutes en or, il faudra aussi faire cotiser les profits financiers vertigineux et les orienter vers le développement, l’emploi, le pouvoir d’achat des salaires et des pensions.

Il y a donc un autre programme possible pour le 6 mai.