Déclaration liminaire FSU au CTU du 17 février 2022
Publié le 25 février 2022
Déclaration liminaire -FSU
Le dispositif provisoire de promotion de corps dit de « repyramidage » dont fait partie la modification des lignes directrices de gestion présentée à ce CTU pour simple information, poursuit l’objectif louable d’améliorer le ratio professeurs des universités/maîtres de conférences en le rapprochant de celui observé pour les directeurs de recherche/chargés de recherche. Les lignes directrices de gestion ministérielles affichent des orientations générales qui font écho aux revendications syndicales : celui de l’amélioration du déroulement de carrière des maîtres de conférence expérimentés et celui de la promotion des femmes aux corps supérieurs, en l’occurrence celui de professeur des universités, dans lequel elles sont injustement mal représentées. Cette voie temporaire de promotion interne permettra de rendre effective la lutte contre le "plafond de verre" de progression de carrières des femmes EC, là où l 9ème alinéa de l'article 9 du décret du 6 juin 1984, introduit par le décret du 2 septembre 2014, fixant le ratio de 40% minimal entre sexes dans la composition des comités de sélection des concours de recrutement des professeurs des universités, n'a malheureusement pas réussi à inverser la tendance. Le Snesup note avec satisfaction que « la valeur professionnelle et les acquis de l’expérience » des maîtres de conférence expérimentés sont jugés à l’aune « de l’ensemble des missions qu’ils assument et des activités qu’ils exercent, y compris leurs mandats syndicaux ou électifs ». Il se félicite que le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes implique de « tenir compte de la part respective des femmes et des hommes dans les corps concernés ». Mais les libertés attribuées aux établissements quant à l'adoption ou le complètement des LDG présentement étudiées par le CTU demanderaient, selon le Snesup, à être plus cadrées.
En effet, outre le choix d’un dispositif permettant d’économiser la création de postes supplémentaires de professeur des universités, le SNESUP s’alarme des modalités de la mise en œuvre de ce repyramidage qui apparaît comme le produit d’une politique délétère pour le développement de l’université française. En effet, le repyramidage, tel qu’il nous est présenté, repose sur la contradiction entre « le pouvoir d’appréciation » du chef d’établissement et celui de l’évaluation par les pairs. Ainsi le Snesup identifie une véritable « usine à gaz » quant au choix des sections sélectionnées pour le dispositif et de l'efficacité finale des multiples niveaux d’avis sur les candidats. Lesquels avis émanent à la fois de rapporteurs choisis par l’établissement selon des modalités laissées à son initiative, du Conseil National des Universités (seule instance disciplinaire reconnue par les pairs au plan national), du comité d’audition à laquelle la liste finale de candidats devra se soumettre viendraont « éclairer la décision du chef d’établissement ». Or de cette prolifération d’avis, le chef d’établissement fera bien ce qu’il veut car il lui « revient d’établir la liste des nominations proposées ». La lourdeur du dispositif (s’ajoutant notamment à celui instauré par le RIPEC) est seulement destinée à légitimer les décisions personnelles et individualisées du chef d’établissement. Il y puisera, dans une grande largesse législative, ce qu’il veut bien y trouver pour justifier des décisions qui peuvent tout à fait se passer du travail mené en amont « par les pairs ».
Enfin, le SNESUP déplore la disparité des situations des personnels selon les établissements créée par cette politique de repyramidage. Chaque conseil d’administration aura la responsabilité de répartir par disciplines les possibilités de promotion, mais sans directives claires pour appliquer les ratios MCF HDR Classe Normale/Hors Classe et le plan d'égalité femmes-hommes de progression de carrière. Selon la situation des disciplines dans les universités, les uns auront droit à une promotion de carrière, quand d’autres non moins méritants, n’auront même pas le droit s’y songer. Le principe d’égalité, lié au concours et fondant le statut national d’enseignant-chercheur titulaire est, une fois, de plus bafoué. Les Chaires de professeur junior, la généralisation de la contractualisation ont déjà montré le chemin. Le repyramidage, présenté ici, le poursuit. Ce n’est pas l’Université que nous voulons.

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