Parcoursup aggrave les inégalités
Pour certain·es président·es d’université, notamment celui de Paris Sciences et lettres, la plateforme Parcoursup aurait démocratisé l’accès à leur établissement. Elle aurait permis de réduire le taux d’échec en licence et, en ouvrant les candidatures à l’ensemble du territoire, elle aurait également permis à certain·es candidat·es d’accéder à des filières sélectives qui leur étaient interdites jusqu’alors. Pourtant, le rapport du comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master semble mettre l’accent sur les ratés de la plateforme et de cette mise en concurrence généralisée. Il alerte en particulier à nouveau sur la situation de l’Île-de-France. Les candidat·es de cette région, qui concentre 20 % des néo-bachelier·ières, subissent une véritable éviction. Ils et elles reçoivent moins de propositions sur Parcoursup que celles et ceux des autres régions.
Ainsi 11,1 % n’y ont reçu aucune proposition en 2025, contre 5,3 % ailleurs. Cette différence affecte 7 300 néo-bachelier·ières. Le phénomène est visible depuis 2019, mais l’écart s’est encore accentué. Il s’explique, selon le rapport, par l'« insuffisance de formations professionnalisantes, et notamment un déficit en BUT ». Le rapport met au premier rang de ses préconisations l’impératif de « rééquilibrer l’offre de formation » en développant ces formations.
Les candidat·es d'Île-de-France, qui concentre 20 % des néo-bachelier·ières, subissent une véritable éviction.
RÉDUIRE LEURS CAPACITÉS D’ACCUEIL
Mais Gilles Roussel, président de ce comité, devrait connaître les difficultés actuelles des établissements, étant également coprésident des Assises du financement des universités. Alors que les établissements sont contraints de réduire leurs capacités d’accueil et que, pour la deuxième année consécutive, le nombre de places ouvertes sur Parcoursup subit une baisse*, sans moyens humains et financiers supplémentaires, comment seraient-ils en mesure d’ouvrir les formations que préconise le rapport ? On ne peut pas faire toujours plus avec toujours moins ! Parcoursup accentue la compétition entre les candidat·es et entre les établissements et les formations, ce qui restreint l’accès au supérieur, une situation dont l’Île-de-France est symptomatique. Le SNESUP-FSU réclame son abrogation et l’ouverture de capacités d’accueil correspondant aux besoins. ∞
par Emmanuel DE LESCURE, secrétaire général