Hommage à Claude Seureau
HOMMAGES & TEMOIGNAGES
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Claude Seureau nous a quittés ce matin du jeudi 21 mai, et je voudrais témoigner de mon émotion. Claude Seureau était complètement engagé dans les responsabilités que ses camarades lui confiaient. Ses interventions, ses arguments imposaient respect et réflexion aussi bien dans les instances syndicales que face aux responsables du ministère.
Je ne l'ai pas connu lors de son élection comme secrétaire général du syndicat en 1991, dans les moments clés que vécut le Snesup avec son adhésion à la FSU. Mais ce dont je me souviens c'est ce lien fondamental qu'il établissait entre les perspectives à ouvrir pour le devenir des catégories populaires et la démocratisation de l'enseignement supérieur. Son expérience forte d'élu à Vitry-sur-Seine, dans cette banlieue ouvrière, aidait à forcer les portes universitaires qui s'entrouvraient à peine. On était - on est encore - loin de l'accès partagé au savoir, à la reconnaissance complète des espoirs et des possibles pour les jeunes de ces milieux populaires. Venu plus tard aux instances nationales je n'ai vécu et partagé que quelques-uns de ces moments de réflexion profonde et renouvelée, où s'imposait de manière naturelle le respect pour l'enseignant chercheur, pour le biologiste, pour l'élu municipal. C'est pourquoi je pense qued'autres témoignages viendront compléter cet hommage à Claude Seureau.
Que cet hommage soit en même temps un témoignage de soutien et de condoléances à Yasmine sa compagne, à ses enfants et à tous les siens.
Maurice Herin secrétaire général du SNESUP FSU de 2001 à 2005
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Je viens d’apprendre avec une peine indicible que Claude vient de nous quitter victime à nouveau comme Claudine d’une terrible maladie. Avec lui s’envole une grande part de ma vie militante dont je vais m’efforcer de rappeler sans espérer y parvenir, la part de Claude.
Je fis partie comme lui de la « Promotion 68 », c’est à dire un moment d’exception où sous la direction de Daniel Monteux, le SNESUP prit son envol comme organisation syndicale de lutte et de masse dans l’Enseignement Supérieur. Claude avait déjà à cette époque une vaste culture syndicale qui me faisait totalement défaut. La vie nous sépara un temps bien que participant tous deux à la CA du SNESUP. Claude était un mélange unique de fermeté dans les principes de l’action syndicale et de gentillesse « à la française » si caractéristique de certaines régions de notre pays.
De 1981 à 1989, pour autant que je me souvienne, le SNESUP connut une dérive préoccupante se glissant dans une forme de compromis tacite permanent avec un pouvoir dont la volonté de préserver des orientations démocratiques était devenue plus que douteuse. Le hasard fit que dans le cadre d’un congé sabbatique d’un an, je partis aux Etats Unis en 1989. Quand je revins, le monde avait basculé et Claude Seureau était devenu Secrétaire Général où il s’affirma aussitôt comme un dirigeant opiniâtre et remarquable dans le redressement du SNESUP.
A ce moment la FEN, fédération d’attache du SNESUP, connut une crise sans merci qui couvait depuis des années : le courant Unité et Action, longtemps laissé au placard par une Direction d’apparatchiks incapables et stériles, devint lors d’un Congrès mémorable, majoritaire. Ce tremblement de terre syndical conduisit la direction de la FEN, pour laquelle une direction collective s’appuyant sur toutes les forces disponibles était impensable, à saborder l’organisation purement et simplement . Des changements fondamentaux se produisirent alors avec en réponse à ce torpillage inouï, la constitution de la FSU conçue sur des bases profondément nouvelles. La question de savoir ce qu’allait faire le SNESUP dans ces circonstances se posa avec acuité : Claude s’investit alors totalement. Il s’employa à faire en sorte que non seulement le SNESUP devienne membre de la nouvelle Fédération mais s’implique profondément dans sa constitution. Les débats furent vifs au sein des instances du SNESUP. Les forces cherchant à tout prix à garder au SNESUP une sorte d’isolement de grand seigneur se manifestèrent sans même parler d’une possible adhésion du SNESUP à la CGT, aucune des deux organisations n’étant mûres pour une telle bascule … Ce que défendait avec ardeur Claude Seureau finit par l’emporter.
Mais cet épisode qui occupa le SNESUP un temps assez long ne devait pas pour autant faire oublier une offensive des forces les plus réactionnaires contre les principes directeurs de l’Enseignement Supérieur. Claude me demanda de prendre en charge les questions de la Recherche, domaine longtemps délaissé : Nous dûmes alors faire face à l’offensive de François Fillon dont le projet de mettre à bas ce qui demeurait de fondamental dans les organismes de recherche publics était explicite. Dans cette responsabilité, Claude m’inspira constamment. Sous sa direction la recherche, tant dans les organismes publics que dans l’enseignement supérieur, devint en peu de temps un axe revendicatif majeur au SNESUP. La question du lien étroit, profond entre Recherche et Enseignement Supérieur était chez Claude une obsession comme l’était celle des Libertés Académiques et des conditions requises pour l’indépendance intellectuelle tant au niveau des moyens que des institutions telles que le CNESER. Nous eûmes à cet égard de longues conversations éclairantes. Claude était un enseignant-chercheur de Biologie Végétale reconnu. Il m’expliqua longuement comment les orientations politiques brutales en cours s’accouplaient avec la volonté de Groupes influents de Biologie Moléculaire de faire s’éteindre la Biologie Végétale … Le SNESUP marqua des points pendant cette période sans parvenir à inverser une tendance qui allait connaître des développements gigantesques avec Valérie Pécresse et dont nous ne soupçonnions pas l’ampleur.
La vie ne nous permit pas d’approfondir nos contacts amicaux et d’appréciation réciproque.
Le SNESUP s’incline profondément devant la mémoire d’un de ceux qui ont marqué une longue histoire de luttes opiniâtres, de combats difficiles pour un Enseignement Supérieur démocratique, pleinement partie prenante du partage des savoirs et des pouvoirs.
Aux siens et siennes endeuillés(es ) il adresse ses profondes condoléances .
Olivier Gebuhrer
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Qu'il est douloureux d'apprendre la disparition de Claude Seureau, l'un des grands militants historiques du SNESUP et de la FSU ... J'ai fait route avec lui depuis le Congrès extraordinaire de 1969, début de la reconstruction et du développement du SNESUP, avec la majorité Action Syndicale qui venait d'arriver à la direction.
Comme l'ont très bien dit Maurice et Olivier, il fût l'un des éléments moteurs d'Action Syndicale. Il alliait une tranquillité étonnante à une fermeté précise dans les débats (et il y en a eu beaucoup dans cette période !), toujours clair sur les choix d'orientation. Il était en même temps d'une grande gentillesse dans les relations humaines.
Ayant été élu directeur de l'IUT de Toulouse en 1981, j'avais dû réduire mon implication dans les instances nationales du syndicat et c'est seulement au congrès de Paris de 1991à la Bourse du Travail que j'ai commencé à y reprendre pied comme membre de la nouvelle CA. Congrès difficile pour Action Syndicale, divisée par la politique du ministre Lionel Jospin avec notamment la création des primes différenciées pour les EC. C'est là que Claude fut élu SG, pour rassembler et sortir de cette crise interne, en relançant le SNESUP.
Il fut le SG du SNESUP qui eut ensuite la lourde charge de la transition entre l'ancienne FEN et la nouvelle FSU, qui allait faire son Congrès fondateur en 1993 : la majorité UID de la FEN en perte de vitesse avait décidé d'exclure le SNES et le SNEP, Ces deux syndicats et le courant Unité et Action furent le noyau de départ de ce qui allait devenir la FSU. D'autres syndicats "non-exclus" comme le SNESUP et le SNCS durent se déterminer quant à leur avenir dans ce maelström syndical. Claude mena le débat dans le SNESUP avec esprit d'ouverture et de responsabilité. Il défendit la proposition de rejoindre la FSU naissante, avec le souci permanent de l'unité du syndicat, proposition mise en oeuvre au terme d'une consultation de tous les adhérents. Claude s'investit alors de façon active dans la construction de notre fédération.
A la direction, il travaillait beaucoup en tandem avec Claude Lecaille, qui nous a quitté il y a 8 ans, au point que nous parlions souvent entre nous "des deux Claude". Lors de sa réélection en 1993, il demanda à ne faire qu'un an de mandat, situation unique dans l'histoire du SNESUP, qui fut acceptée, Claude Lécaille s'engageant à prendre le relais. Ce dernier fut effectivement élu SG lors du Congrès d'étude de l'IUT de Saint Denis de 1994 pour 1 an, puis pour 2 ans de mandat au Congrès de Créteil en 1995.
Claude resta ensuite un militant actif du SNESUP, y compris une fois retraité : il était venu nous dire bonjour lors du Congrès d'Etude de Poitiers en 2024, et rien ne laissait présager une fin si proche ...
J'envoie toute ma solidarité à sa compagne et à toute sa famille, je serai avec elles par la pensée ce vendredi.
Merci Claude de ton inestimable apport au syndicalisme, au SNESUP et à la FSU, j'ai le coeur gros tu sais, tu vas nous manquer, mon camarade et ami....
Jean-Claude GARRIC
Secrétaire général du SNESUP - FSU de 1997 à 2001
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Chères et chers camarades,
Chères Camarades, chers camarades,
Ayant eu quelques soucis de santé faisant suite à la longue période qui m’a retenue en tant qu’Aidante
auprès de ma maman, je réagis avec retard aux annonces des décès de Claudine KAHANE – ancienne co-secrétaire générale du syndicat conjointement avec Marc NEVEU – et de Claude SEUREAU, ancien secrétaire général du SNESUP.
Je suis bouleversée et très triste de voir disparaître ces dirigeants du syndicat avec lesquels j’ai travaillé avec entrain lorsque j’étais en activité pour Claude puis comme retraitée pour Claudine, à des périodes où le syndicat a traversé des batailles internes sur les lignes à tenir.
Permettez-moi aussi de rappeler que Claudine a été la deuxième femme à devenir secrétaire générale du SNESUP, tout en étant reconnue dans sa communauté des Astrophysiciens. En quittant son mandat de SG, Claudine s’est investie dans la vie politique en prenant les fonctions de Maire adjointe à la Culture de la ville de Saint-Martin-d’Hères (38400) près de Grenoble.
En mémoire de Claudine et de Claude, j’adresse mes pensées amicales et solidaires à leurs amis et
proches.
Michelle Lauton.
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Avant d’accéder à la tête du syndicat, notre camarade Claude Seureau y était bien connu en sa qualité
d’universitaire biologiste et pour son charisme militant, ses interventions au plus près de l’actualité, formulées avec précision et sobriété, loin du travers trop répandu parmi nous des discours-fleuves.
Son élection comme secrétaire général du syndicat en 1991 est intervenue à l’issue de plusieurs mois
d’une vive controverse sur la conduite à tenir vis-à-vis du gouvernement. Les plus anciens se souviennent de la bataille menée par le SNESUP en cette période avec la phase de négociation lancée par le ministre Lionel Jospin sur la revalorisation des carrières universitaires dans un contexte de croissance des effectifs étudiants. Cela faisait l’objet du Relevé de conclusions signé en 1989 par la partie syndicale, mais dont les termes avaient donné lieu dans le courant Action Syndicale du SNESUP à des
appréciations notablement opposées au sein de la Direction du syndicat.
Pour les uns, sous l’égide de notre secrétaire général Gérard Cendrès, les mesures prévues par le ministre allaient dénaturer l’Université et diviser les collègues du fait de l’instauration de primes différenciées sur critères, qu’il s’agisse de la Prime pédagogique pour qui accepterait des heures supplémentaires d’enseignement, ou de la Prime d’encadrement doctoral et de recherche. Un rejet frontal s’imposait face à la "perversité des primes" et l’heure était à résister à toute tentation de composer avec l’exécutif.
Pour les autres, sous l’égide du Secrétaire national Pierre Duharcourt, le "panier" des mesures prévues n’était certes pas à l’image du cahier de revendications, mais il comportait des avancées décisives qu’il eût été inepte de refuser, singulièrement la création de la Hors-classe des Maîtres de conférences. Mieux valait donc engranger les progrès obtenus et agir en négociant afin de les conforter et de minimiser l’impact des régressions. J’étais de ceux-là.
Ce clivage avait singulièrement bousculé la préparation du Congrès d’Orientation et pesé sur les votes des syndiqués, comme l’avait relaté la presse. Mais le courant Action Syndicale avait finalement surmonté ses divisions : une transaction avait conduit à un modus-vivendi sur une nouvelle Direction composite où je figurais comme secrétaire national et rédacteur en chef du Bulletin du syndicat.
Dans cette nouvelle donne, nous avons très vite trouvé des terrains d’entente. Mes relations de travail avec Claude ont été marquées par de l’estime réciproque, de la connivence, notamment sur nos domaines scientifiques respectifs et sur les aspects de la politique sociale et universitaire, et par une grande cordialité. Au cours de son second mandat, j’étais l’un de ses co-secrétaires généraux adjoints.
Je garde de Claude Seureau l’image d’un secrétaire général attachant, déterminé à renouer les fils du dialogue et à obtenir des avancées au bénéfice de l’Enseignement supérieur et de ses acteurs. Je m’associe à la peine de ses proches, de ses amis et des camarades du syndicat.
Gérard Lauton.