Accueillir et faire réussir tous les bacheliers dans l'enseignement supérieur
Commission formations supérieures (n°3)
Accueillir et faire réussir tous les bacheliers dans l'enseignement supérieur
Contexte général
La loi LRU, que le SNESUP combat, accroît considérablement les logiques de concurrence entre établissements d'enseignement supérieur, tendant ainsi à instituer un système d'enseignement supérieur à plusieurs vitesses. Cela conduit notamment à la transformation de certains établissements d'enseignement supérieur en collèges universitaires exclusivement consacrés au cycle licence et subissant un affaiblissement le lien enseignement-recherche. Le SNESUP s'oppose à une telle différentiation des établissements d'enseignement supérieur et revendique un renforcement du lien enseignement recherche dans l'ensemble des formations.
On observe actuellement une tendance préoccupante au fléchissement du taux de poursuite d'étude des bacheliers dans l'enseignement supérieur, cette tendance est plus prononcée dans les formations universitaires. Conjuguée avec un taux de réussite au baccalauréat en stagnation et avec la baisse démographique prévue dans les prochaines années, cette tendance conduirait à une baisse considérable du nombre d'étudiants dans la plupart des formations universitaires (jusqu'à -30% à l'horizon 2017 dans les domaines lettres, sciences humaines et sciences et STAPS). En parallèle, la ségrégation sociale reste à un niveau élevé dans l'enseignement supérieur (en 2007, un tiers des étudiants sont des enfants de cadre, alors que les cadres ne représentent qu'un peu plus du dixième de la population). Dans ce contexte un véritable plan d'urgence pour l'enseignement supérieur doit être mis en œuvre dans l'objectif de réaliser une véritable démocratisation de l'enseignement supérieur.
Le contexte actuel de crise économique qui frappe particulièrement durement la jeunesse renforce le besoin urgent de mesures de grande ampleur permettant d'améliorer les conditions de vie des étudiants, particulièrement en terme d'aides financières (le SNESUP revendique une allocation d'autonomie) et de logements étudiants.
Formation pédagogique
Le SNESUP revendique la mise en œuvre d'une formation pédagogique, initiale et continue, pour tous les enseignants-chercheurs, c'est une des conditions nécessaire pour améliorer la réussite des étudiants dans l'enseignement-supérieur.
Le projet actuel de statut du doctorant, dont le SNESUP demande le retrait, prévoit de faire disparaître la formation pédagogique et les CIES en déléguant cette responsabilité aux universités dans le cadre de leur autonomie. Le SNESUP revendique que, pour les étudiants se destinant au métier d'enseignant-chercheur, le statut des doctorants associe activités d'enseignement et formation pédagogique en reprenant le principe du monitorat et du dispositif de formation en CIES qui lui est associée.
Il faut faire le bilan des CIES et mettre en place des Services Universitaires de la Pédagogie (SUP) chargée de la formation pédagogique initiale et continue des enseignants-chercheurs au sein de chaque IUFM. Ces structures pourraient disposer d'antennes locales dans chacune des universités non intégratrices d'une même académie. Les rôle et missions de ces SUP doivent faire l'objet d'un cadrage national donnant lieu à l'affectation des moyens correspondant nécessaire à l'exercice de ces missions. Dans le cadre de la formation continue des enseignants exerçant dans l'enseignement supérieur et des enseignants-chercheurs, un droit à congé pour formation pédagogique doit être reconnu.
La recherche en éducation relative aux formations universitaires doit être développée, notamment dans les IUFM.
Allocation des moyens et cadrage national des formations
Le système actuel d'allocation des moyens (système SYMPA), qui nie les besoins réel des établissements et introduit des critères de performance doit être abandonné au profit d'un système de répartition des moyens basé sur une évaluation des besoins réels.
Dans ce cadre, le SNESUP revendique un cadrage national de l'ensemble des formations supérieures seul à même de permettre une évaluation satisfaisante des moyens financiers et humains nécessaire. De même, il est impératif de préserver le cadrage national des formations conduisant au diplôme de DUT et d'assurer l'allocation de moyens financier et humains aux IUT permettant d'assurer le respect de ce cadre national. Dans ce sens le fléchage des moyens aux IUT doit être maintenu et garanti par un texte réglementaire (décret ou arrêté) et la circulaire du 2 avril 2009, négociée dans un format ADIUT/UNPIUT/CPU/MESR que nous contestons, ne répond pas à cette exigence.
Accueil et réussite des bacheliers dans l'enseignement supérieur
Il est essentiel que les récentes mesures annoncées (i.e. accès de droit des bacheliers technologiques avec mention bien ou très bien en IUT ; accès de droit des bacheliers professionnels avec mention bien ou très bien en STS ) concernant l'accueil des bacheliers technologiques en IUT ne conduisent pas à circonscrire la problématique de l'accueil et de la réussite de ces bacheliers au seul secteur des IUT. En effet, outre l'accueil en BTS, cela pose le problème politique plus général des conditions d'accès des bacheliers technologiques à des parcours de réussite à caractère technologique dans les IUT ou dans d'autres composantes, alors que de tels parcours de licence - qui avaient fait leurs preuves - sont en voie d'extinction depuis la mise en place du LMD en 2003. Cela ne signifie pas pour nous que tous les bacheliers technologiques doivent aller dans des formations technologiques, mais qu'il faut prévoir pour eux des enseignements complémentaires et des méthodes adaptées. Cela dit, une nouvelle étape de développement des IUT peut s'avérer opportune pour répondre tant aux attentes des jeunes qu'aux besoins de qualification.
Le rôle spécifique des IUT
La réussite des IUT est réelle et nombre d'étudiants qui en sont issus poursuivent des études jusqu'à Bac+5, cette réussite se fonde sur:
- La valeur reconnue du DUT, liée pour une part au caractère national du diplôme et à l'attribution des moyens correspondant.
- Les conditions d'enseignement, indissociablement liées à l'encadrement et à la pédagogie (travaux pratiques, approche inductive, ...)
- La nécessaire double finalité des diplômes professionnels et leurs effets « tremplin » ou « marche pied » (des bacheliers peu sûrs de leur avenir universitaire s'engagent dans des études supérieures diplômantes à bac +2 et décident ensuite de poursuivre)
- La mixité des publics.
Par ailleurs, le caractère finalisé des contenus d'enseignement a largement contribué à la réussite des étudiants. Aujourd'hui, après deux ans de mise en place de la semestrialisation et des nouveaux programmes, il faudrait en tirer un bilan. Les IUT constituent, comme d'autres formations, des ressources en termes de réflexions et d'expériences pédagogiques qu'il conviendrait de réinvestir dans de nouveaux processus de formations à inventer.
En opposition au projet actuel d'université nationale technologique proposé par certain directeurs d'IUT, la place des IUT au sein des universités doit être confortée, ce qui passe notamment par des mesures pour y améliorer le lien enseignement recherche, notamment en permettant l'implantation d'unités de recherche au sein des IUT.
Pour de nouveaux dispositifs d'accueil adaptés à la diversité des publics à l'université
Le SNESUP revendique la mise en œuvre d'un « cycle licence technologique », avec une vraie licence cadrée nationalement qui permette des poursuites d'études en Master. Les entités portant ce projet doivent s'inscrire dans cette mission de service public et tous les bacheliers, dont la réussite en dépend, doivent pouvoir y accéder.
Ce projet doit se situer dans l'optique de parcours L-M prenant en compte les besoins de qualification. Il doit être porté en commun par les composantes, quelques soient leurs statuts, ayant un potentiel pour coopérer sur lesdites thématiques (notamment des plateaux techniques). Il doit intégrer des dispositifs favorisant les poursuites d'études post-DUT.
C'est en élargissant la problématique à l'université que l'on peut sortir des impasses auxquelles conduirait une limitation du champ aux seuls IUT. 50% d'une classe d'âge diplômés de l'enseignement supérieur... la société a besoin de ces étudiants, de leur réussite et donc des moyens pour y parvenir. En IUT et dans le reste de l'université, il nous faut donc discuter de nos propositions et exiger les moyens nécessaires.