Accès à l'Univ limité !
Communiqué de presse
Non à la sélection à l’entrée des universités
Sans aucune concertation, y compris en court-circuitant la commission qu?il a lui-même instaurée, le Ministre délégué à l?Enseignement Supérieur, François Goulard, a préconisé, jeudi 21 septembre 2006 sur Europe 1, d'organiser une pré-inscription à l'université à partir du mois de février pour les lycéens de terminale, avant l'inscription définitive en juillet à l?issue du baccalauréat. Le dispositif préconisé prétend lutter contre l?échec de trop nombreux étudiants, alors qu?il ne ferait que le masquer en fermant les portes de l?université à de nombreux jeunes.
La campagne du gouvernement pour limiter l?accès à l?université, contrôler les effectifs étudiants de manière malthusienne dans de nombreuses filières, c'est-à-dire instaurer une sélection à l?entrée des études supérieures prend ainsi un nouveau tour. C?est un nouveau coup contre l?accès au savoir, à la culture. C?est contraire aux besoins sociaux. Rien ne le justifie.
Cette étroite volonté de lier ouverture de filières universitaires et débouchés professionnels est une aberration économique tant les évolutions technologiques et celles de l?emploi sont sur la durée imprévisibles. De même, les adéquations à court terme sont inadaptées. On peut citer par exemple les métiers de l?enseignement auxquels de nombreux jeunes se sont préparés et pour lesquels le nombre de postes ouvert aux concours a scandaleusement baissé, voire est devenu nul (CAPES techniques). Comme le SNESUP l?a proposé, en particulier à la commission Hetzel, il s?agit dans le triptyque formations-qualifications-emplois, de faire beaucoup plus pour la reconnaissance des qualifications et pour l?emploi. La déclaration du Ministre Goulard ignore délibérément les conditions nécessaires à la réussite des étudiants :
- la reconnaissance des qualifications acquises,
- la lisibilité des formations qui doit permettre dès la première année à tous les bacheliers généraux, technologiques et professionnels de trouver des parcours diversifiés de réussite,
- un meilleur encadrement par des enseignants du supérieur disponibles et des dispositifs de suivi individualisés et de soutien,
- des locaux fonctionnels et confortables, des bibliothèques accessibles et bien équipées.
Cela exige d?augmenter les budgets et les postes budgétaires
pour les établissements d?enseignement supérieur.
Enfin, seul un vaste plan social étudiant permettra aux étudiants
de se consacrer à leurs études au lieu de chercher des emplois précaires pour
subvenir à leurs besoins.
Le SNESUP est profondément attaché à la construction par chaque jeune de son orientation. Il s?oppose à une orientation subie. Avec les organisations d?étudiants, il entend faire échec à ces projets de dispositifs malthusiens et à ouvrir toutes les voies d?accès et de réussite dans un enseignement supérieur public efficace et rénové.