À propos du rapport d'activité: Négociations et concessions... Pour Émancipation c’est Non !
À propos du rapport d'activité: Négociations et concessions... Pour Émancipation c’est Non !
Le travail dans nos tendances n’est pas toujours unitaire...
La critique est par nature dynamique.
Au mépris des leçons de la crise financière, de la maternelle à l’université, la restructuration du service public d’Éducation poursuit sa marche forcée vers l’échéancier de Bologne 2009/Lisbonne 2010 au service de la libre concurrence capitaliste. Alors que les Ministres s’entêtent, la direction AS/EE du SNESUP co-présente aux syndiqué( e)s le rapport rétrospectif de deux ans d’(in)activité. Nous devons tirer les leçons de deux ans d’impréparation syndicale face au projet gouvernemental que ne peut pas masquer l’activisme déployé in extremis par la direction du SNESUP, tentant de réécrire l’histoire en récupérant à son actif les points marqués par la dynamique de la coordination nationale issue de mobilisations qu’elle n’avait pas impulsées mais suivies, en traînant les pieds.
La « LRU »... une catastrophe programmée
Les Universités, la Recherche, la Formation des enseignants subissent les résultats de la mise en place de la LRU dont l’application n’a pas rencontré au départ une opposition syndicale à la hauteur de l’enjeu. Ménageant l’UNEF et la CPU, la direction du SNESUP n’a pas relayé les luttes étudiantes et enseignantes contre la première vague de réformes, ni celles qui ont suivi. Plutôt qu’étendre la résistance, elle a retenu le « jeu académique » du renouvellement des instances. Les élections aux nouveaux conseils ont crûment éclairé des collusions et divergences dans notre syndicat qui a suivi passivement le succès de listes « pro-LRU » comptant nombre de syndiqués du SNESUP ! Oublieuse du mandat de 2007 de combattre la LRU et d’obtenir son abrogation, notre direction a attendu début 2009 pour le redécouvrir sous l’impulsion de la coordination nationale !
Dans l’attente du pire : IUFM, modulation des services...
Au cours de ces deux ans, la direction du Snesup n’a anticipé aucune des réformes de l’échéancier de Bologne et des objectifs de Lisbonne, repris dans le Traité européen, ni construit les convergences avec les mobilisations européennes. Se reposant sur de « bonnes représentations » électorales, elle n’a pas contré l’expérimentation de la LOLF, l’externalisation des personnels BIATOSS, la contractualisation des chercheurs, les dérapages de l’ANR, de l’AERES ! De même elle a attendu fin 2008 pour découvrir l’impact pervers de la LRU sur l’IUFM avec les projets de décrets sur les formations et recrutements et la modulation des services. Après deux journées d’ajustement tardif SNESUP/SNES/FSU en octobre 2008, elle demeure bien discrète sur la défense de l’IUFM.
Tête baissée dans le piège du « dialogue social »
Faisant barrage à toute motion dénonçant une pratique de collusion objective avec le pouvoir, la direction du Snesup a coûte que coûte maintenu la posture antisyndicale d’engagement dans le fumeux dialogue social qui s’est achevé dans une perte totale de crédibilité avec la signature d’accords préalables faisant la part belle à des interlocuteurs cyniques surpris eux-mêmes de leurs succès !
Entre révérence et complaisances coupables
Un des obstacles à la combativité du SNESUP demeure sa quête d’être reconnu comme interlocuteur du ministère mais aussi des nouveaux managers des universités que sont devenus la CPU et ses Présidents qui ont objectivement soutenu les réformes et accompagné la destruction de toutes nos libertés collégiales et académiques, allant jusqu’à s’opposer aux mobilisations au mépris des droits syndicaux.
Actuellement, au plus fort du mouvement, « ils » instrumentent nos mobilisations pour négocier avec le ministère un prétendu « recul » sur les statuts.
Notre syndicat doit cesser de privilégier les convergences hiérarchiques ou corporatistes d’un syndicalisme d’accompagnement et refuser les alliances avec des organisations professionnelles, syndicales ou étudiantes acquises à la LRU. Le SNESUP doit choisir son camp et mener un combat unitaire sans exclusives, avec et pour toutes les catégories de personnels enseignants : BIATOSS, ITA, étudiantEs (allocations, bourses, statut), précaires en lutte.
Laisser le dernier mot à Bologne ?
Le mot de la fin est écrit dans le dossier de presse de la Conférence de clôture du processus de Bologne programmée à Louvain en avril 2009, « l’année où l’ancien système d’enseignement universitaire aura complètement disparu et où on décernera les premiers diplômes de masters à la génération bolognaise »...
Rendez-vous après 2010, si ce qu’on appelle encore Université existe toujours ?
DITES NON
Tou(te)s ensemble, d’autres voies syndicales et sociales sont possibles !