28fév06 pour la recherche

Publié le 17 février 2006

28 FEVRIER, EXIGEONS ENSEMBLE UN AUTRE PROJET DE LOI

Depuis deux ans, le gouvernement fait tout pour escamoter le débat sur la loi recherche en mettant en place, en dehors du cadre législatif, une grande partie des leviers essentiels de sa réforme autoritaire et libérale de la recherche : Agence nationale de la recherche, Campus de recherche, agence de l?innovation industrielle, pôles de compétitivité?Il présentera au Parlement le 28 février 2006, un projet de loi qui les légaliserait.
Si ce projet était adopté, ce serait un bouleversement de la recherche et de l?enseignement supérieur. Ils en sortiraient encore plus fragilisés. Cela aurait des conséquences directes sur les conditions de travail des personnels et des étudiants.
Avec vous, personnels de la recherche, des organismes et de l?enseignement supérieur ; avec vous, jeunes chercheurs, nous voulons un autre projet de loi qui prenne en compte cinq mesures essentielles.

1/Garantir des perspectives immédiates et à long terme pour la recherche publique.

Nous demandons une augmentation immédiate des crédits de base des laboratoires, articulée à celle de l?investissement des entreprises dans la recherche, pour mettre notre pays en capacité d?atteindre les 3% du PIB. Pour remplir ces objectifs européens et, à cette fin, recruter 100 000 personnels de recherche, il faut un effort national portant sur plusieurs années. Cela passe par une programmation de la création d?emplois de titulaires pour offrir à tous les personnels relevant de l?emploi scientifique et technique des perspectives attirantes et stables pour celles et ceux qui s?investissent dans ces métiers difficiles ;

2/ Donner confiance aux jeunes chercheurs,à tous les personnels scientifiques, techniques et administratifs.

Nous demandons une augmentation du nombre et du montant des allocations de recherche ; la revalorisation de l?emploi scientifique et technique, des rémunérations et de la grille sur la base de la reconnaissance des qualifications.

3/ Favoriser la coopération entre les organismes, les universités, les labos, les entreprises.

Nous voulons des PRES permettant la coopération entre universités et organismes (EPST et EPIC), entre laboratoires et équipes grâce à des structures favorisant l?interdisciplinarité et le lien entre la recherche et l?enseignement dans tous les cycles.

4. Développer la recherche dans l?enseignement supérieur.

Nous demandons la création de très nombreux postes d?IATOS et d?ITA, la réduction à un demi-service d?enseignement pour tous les enseignants-chercheurs nouvellement nommés, la réduction progressive du temps de service d?enseignement des enseignants-chercheurs, la prise en compte de tous les actes pédagogiques dans les services.

5. Garantir une évaluation équitable des personnes, des universités et des projets.

Nous demandons que les évaluations des personnes et des structures soient articulées et qu?elles continuent à relever des instances d?évaluation existantes : CoNRS, CNU, instances d?évaluation des autres EPST. Ces instances doivent rester composées majoritairement d?élus. L?évaluation des ingénieurs et des techniciens doit se faire sur la base de la reconnaissance de la qualification exercée et non sur des contrats d?objectifs.

Pour l?heure, le gouvernement reste sourd aux demandes de la communauté scientifique.
A Paris et en régions, nous appelons tous les personnels de la recherche et les étudiants, à intervenir avec force, à se mobiliser le 28 Février, à cette fin un préavis de grève sera déposé.
A Paris, la manifestation partira à 14 h du parvis du Musée d?Orsay et se rendra à l?Assemblée nationale.