hommage de la section du Havre à Yvon Birster décédé le 5 juillet 2018

Publié le : 16/07/2018

Communiqué du SNESUP de l’université du Havre

Un militant et un intellectuel engagé nous a quittés

Yvon Birster, (78 ans), professeur agrégé de lettres modernes, écrivain et auteur dramatique est décédé le 5 juillet 2018. Il fut co-secrétaire du syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU) de l’IUT du Havre et représentant élu des personnels du second degré dans les commissions paritaires et les conseils de l’IUT et de l’université du Havre.

 Yvon Birster est arrivé à l’IUT du Havre comme professeur certifié de lettres modernes en 1968. D’abord en poste au lycée technique voisin, Robert Schuman, il est nommé dans le département génie électrique (GE), chargé des techniques d’expression. Il est secrétaire de la section du SNES (FEN) puis co-secrétaire de la section syndicale IUT-UFRST (sciences et techniques) qui deviendra plus tard la section SNESUP de l’université du Havre. Il est élu SNESUP au conseil d’administration de l’IUT, de l’université dès sa création ainsi que dans les commissions paritaires académiques et nationales. Dans le même temps il obtient l’agrégation de lettres modernes. 

Il fut un acteur important de la construction de l’université du Havre et de la rédaction des statuts de cette dernière en 1984. Il sera de l’équipe enseignante qui développe le département Information-Communication de l’IUT qui s’installera sur le site nouveau du quai Frissard en 1995. Enfin il sera le directeur de la formation continue et du centre d’apprentissage de l’université jusqu’à sa retraite. Il est officier dans l’ordre des palmes académiques.

Il convient de rappeler la période 1977- 1981, période pendant laquelle le directeur de l’IUT nommé par la ministre Alice Saunier-Séïté contre l’avis du conseil de l’IUT, mena une sévère répression antisyndicale et une ‘’chasse aux sorcières’’ en révoquant des chefs de département, des directeurs des études élus et des enseignants vacataires pour des raisons extra-pédagogiques. Yvon Birster et d’autres collègues qui se sont opposés à cet autoritarisme violent, feront l’objet de baisse de note administrative et de poursuites devant les tribunaux. Le changement de gouvernement et de directeur en 1981 mettra fin à cette période difficile vécue par les responsables syndicaux SNESUP, SGEN et CGT et les personnels de l’IUT.

Parallèlement à ses activités pédagogiques et syndicales, Yvon Birster exerce de 1977 à 1983 les fonctions d’adjoint au maire de la ville d’Harfleur, chargé de la culture et poursuit ses activités d’écrivain et d’auteur de pièces de théâtre qui racontent la mémoire ouvrière. Ses parents, gérants d’un petit commerce, provenaient du milieu ouvrier de la Lorraine minière et métallurgique dont il est originaire. Ses œuvres évoquent les luttes et les grèves des métallurgistes de Lorraine mais également du Havre (usine Schneider d’Harfleur, L’Horizon bleu), la grève « historique » havraise de 1922 (Un été havrais), le racisme, les émigrés et les intrigues politiques dans son roman « L’équipe à Maleone », les évènements de Mai 1968 (Le marchand de sagesse), la résistance populaire (40-45) pendant la seconde guerre mondiale mais surtout, peut-être sa pièce la plus emblématique « Place Thiers » en 1970 sur la Commune de Paris. Cette pièce créée au Havre par le théâtre du Manteau d’Arlequin sera jouée, entre autres, à Avignon. 

Yvon Birster a été inhumé au cimetière du Père Lachaise en référence aux « Communards ».  Présent à la cérémonie, Gérard Eude, ancien maire, a rendu hommage à Yvon Birster  au nom de la mairie d’Harfleur.

À la retraite, Yvon Birster a ouvert une galerie d’art contemporain à Paris pour continuer dans le domaine artistique son engagement culturel. Une longue maladie a eu raison de sa volonté de vivre le 5 juillet dernier.

Yvon Birster était un militant et un intellectuel engagé pour l’émancipation des plus faibles et pour plus de justice et de fraternité. Il a marqué pendant près de quatre décennies la vie universitaire et l’histoire culturelle havraise. Merci Yvon.

Pour le SNESUP de l’université du Havre

Alain Portron, Roger Gresser 

Le Havre, le 16 juillet 2018