Communiqué de la section SNESUP-FSU de l'université de La Rochelle

Publié le : 05/12/2017

 

Communiqué de la section SNESUP-FSU de l'université de La Rochelle
 

Le 29 novembre 2017

Les appels à projets qui devaient constituer une manne financière pour les universités peuvent parfois se révéler hasardeux lorsque, comme à La Rochelle, une équipe présidentielle soumet une nouvelle orientation stratégique à l’obtention du financement d’un appel à projet.

Le 14 mars dernier, le président Ogier reconnaissait à nouveau les difficultés financières de l’ULR. Il admettait que depuis la mise en place de la loi sur l’autonomie des universités, la situation matérielle de l’établissement se détériorait chaque année davantage à cause d’une allocation des moyens insuffisante, conséquence selon lui d’un système à bout de souffle. Aujourd’hui la masse salariale représente 86% du budget, c'est pourquoi en dépit des gels de postes, de l’augmentation des effectifs dans certains groupes de TD et de la réduction des formations, la situation reste extrêmement tendue. Pour autant, le président Ogier ne remet toujours pas en question un tel système. Au contraire, il estime que l’optimisation des moyens et les appels à projet, notamment dans le cadre du PIA 3, doivent en partie résoudre ces problèmes. Pour ce faire, il met en avant, d’une part, le nouveau catalogue des formations articulé autour de certains axes stratégiques tels que la Transition environnementale littorale et la biodiversité, la Transition énergétique et le bâti durable, la Transformation numérique et la Société, l’entreprise et le territoire, et d’autre part la réorganisation de la gouvernance en Institut et Collégium.

Le corollaire de ce « changement de cap », ainsi décrit dans le plan "com" destiné à la presse locale (Sud-Ouest, 25 sept 2017), est une dégradation sans précédent des conditions de travail des personnels, d’apprentissage et de recherche des étudiant·e·s. Ainsi, le volume horaire de la licence qui est aujourd’hui de 1500h, passerait dans la Nouvelle Offre de Formation à la rentrée prochaine à 1200 heures encadrées, et 300h en TEA (travail en autonomie), sous-couvert d’innovation pédagogique. En outre, en réponse à l’augmentation du nombre d’étudiant·e·s· largement et délibérément sous-estimé par le ministère, la décision est prise de limiter les effectifs en L1, dans une université où 41% des étudiant·e·s sont boursier·e·s, en plus de la sélection en master, de tels choix interdisent de fait l’accès à l’enseignement supérieur à de nombreux bacheliers. L’autre décision tout aussi dramatique est de porter les effectifs de TD à 40 en L1. Alors que l’innovation pédagogique est mise en avant grâce une ingénierie numérique envahissante, seule la logique comptable explique de tels choix, selon le VP CFVU, l’économie ainsi générée sera de 10 000h, soit 460 000€ - mais, pour mémoire, le GVT est de 800 000€/an.

Par ailleurs, outre la dégradation des conditions de travail des personnels et des étudiant·e·s, le changement de cap induit à la fois une réduction de l’offre de formation autour des axes stratégiques évoqués plus haut et la transformation profonde de la structure de l’établissement. En effet, si l’IUT et la faculté de Droit demeurent des composantes de l’université, un Institut Ville Littorale Durable et un Collégium, regroupant la Faculté de Sciences et Technologies et la Faculté des Lettres, vont désormais constituer deux nouvelles composantes avec une disparition programmée des SHS et une marginalisation de toutes les formations qui ne s’inscrivent pas dans les axes stratégiques définis auparavant.

Pour les collègues, il faudra se soumettre ou se démettre.