Rétention des notes
La Foire
aux Questions
Droits et devoirs
Rétention des notes et grèves administratives
Parmi
les formes de luttes autres que la grève, on propose souvent la
rétention de notes qui consiste à assurer normalement la surveillance
et la correction des examens mais à différer la remise des notes à
l’administration. Cette forme d’action se décline en de nombreuses
variantes (non participation aux jurys, participation mais refus
d’émarger, remise des copies corrigées au rectorat, etc.) Elle se
généralise en la grève administrative qui consiste à refuser de faire
parvenir à l’administration des formulaires, rapports, ou documents
divers.
Cette modalité d’action est très
largement retenue par des milliers de collègues en ce début 2009. Avant
le passage à la grève totale de toutes nos activités, elle a soutenu
la montée en puissance des mobilisations contre les textes et
dispositifs avancés par Valérie Pécresse. Cette forme d’action se
poursuit, elle est incluse dans le dispositif de grève et maintenant
(en ce début février) de très nombreux CA ou Congrès d’Université ont
décidé de suspendre ou de reporter les délibérations de jurys
d’examens. Chacun de ces types d’actions très divers nécessite une
étude approfondie des modalités et des conséquences possibles en termes
de rémunérations. La suite de cette fiche est consacrée plus
précisément au cas de la rétention de notes.
Plusieurs écueils doivent être évités lors de l’organisation d’un tel mouvement :
-
Ne pas s’exposer à une poursuite pour faute professionnelle. Ainsi,
l’examen doit se dérouler normalement, les copies doivent être
corrigées et, à la fin du mouvement copies et notes doivent être
normalement remises à l’administration.
- Ne
pas agir tout seul. Un tel mouvement n’a de visibilité que s’il est
suivi par un nombre conséquent de collègues. Un appel à une telle
action devrait être lancé soit par une section syndicale, soit en AG,
et le nombre de collègues qui la suivent est à la fois une protection
contre les intimidations et une condition pour espérer une issue
favorable des revendications.
- Ne pas
s’attirer l’incompréhension des étudiants. Plus que pour la grève il
est nécessaire d’expliquer le mouvement et les convaincre qu’il n’est
pas dirigé contre eux. Une forte convergence existe entre notre lutte
et la leur pour la défense et l’amélioration du service public. On peut
d’ailleurs recommander de communiquer leurs notes aux étudiants.
Le
mouvement de rétention peut être accompagné d’une décision de report
des jurys par les conseils, marquant ainsi leur solidarité avec le
mouvement et rassurant les étudiants sur leur bonne tenue.
Une
interprétation exagérée du tristement célèbre article 4 de la loi
61-825 du 29 juillet 1961 (c’est l’article qui impose la retenue d’un
trentième du salaire pour chaque jour où est constatée une « absence de
service fait, pendant une fraction quelconque de la journée ») amène un
certain nombre d’administrations à exercer une pression intolérable sur
les collègues qui observent le mot d’ordre de rétention des notes, les
menaçant d’un retrait d’un trentième pour chaque jour de retard.
Encore
plus que dans le cas de la grève ordinaire, il est impératif de refuser
de répondre à une enquête de grève demandant si l’on procède à une
rétention de notes, pour éviter toute tentation de retrait de salaire
exagéré. De leur côté, les présidents de jurys n’ont aucune obligation
de donner à l’administration une liste nominative des collègues ayant
procédé à des rétentions. Ce refus constitue une forme de solidarité
avec les rétenteurs.
Un mouvement de
rétention de notes doit aussi s’accompagner d’une négociation auprès du
président ou du directeur de l’établissement pour convenir avec lui de
la non-remontée d’enquête portant sur ce point. Il faut s’appuyer sur
la légitimité du mouvement qui devrait amener le président, issu d’une
élection par les collègues, à refuser de faire porter à ceux-ci les
conséquences du mouvement.
Rétention de
notes n’est pas refus de notation : Il ne doit pas y avoir d’accusation
de faute professionnelle à l’égard des collègues suivant le mot
d’ordre.
Toute poursuite envers un collègue doit être signalée au SNESUP qui prendra sa défense.
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