Les élections législatives se sont caractérisées notamment par un faible taux de participation et par l'élection de députés socialistes assurant à eux seuls au gouvernement une majorité. C'est aussi la forte poussée du Front National, l'expression décomplexée des idées racistes et de repli identitaire qu'il propage. Il est vrai que la situation économique et sociale marquée par un chômage en progression constante et par les difficultés d'accès à un emploi pérenne pour les jeunes, l'accentuation des plans sociaux, ont joué un rôle décisif dans ce tableau. Face à une abstention massive et au vote pour l'extrême droite, on ne peut que s'interroger en tant qu'enseignants, en tant qu'universitaires, sur nos responsabilités dans la formation du citoyen et le développement de l'esprit critique à la faveur de nos enseignements, et ceci, quelle que soit la
discipline enseignée.
Comme l'on fait les autres syndicats de la FSU auprès du ministre de l'Éducation, le SNESUP a déposé auprès de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ses demandes de mesures d'urgence pour la formation des enseignants. Le gouvernement a apporté de premières réponses. Il annonce dès cette année 2012 une formation professionnelle pour les enseignants stagiaires. Cependant, le volume d'heures de décharge prévu (3 heures) est notablement insuffisant, aucun cadrage national n'existe et rien ne précise qu'elle doit être effectuée par les IUFM. L'exigence des certifications
de langue et d'informatique est reportée au stade de la titularisation, ce qui donne aux lauréats du concours un appel d'air, mais ne règle pas le problème. Enfin, si 1 000 postes de professeurs des écoles sont recréés, ainsi qu'environ 2 500 emplois (assistants pédagogiques, personnels d'accompagnement des élèves handicapés et médiateurs dans les établissements les plus difficiles)... aucun nouvel emploi d'enseignant ne devrait être attribué aux lycées. Dans le cadre d'une situation budgétaire difficile, qui ne sera connue que début juillet avec le rapport de la Cour des Comptes, ces premiers signes sont à amplifier pour rompre réellement avec la politique sarkozyste.
Alors que le gouvernement s'est engagé à remettre à plat la formation des enseignants, celle des enseignants aux concours 2012 ne peut reposer sur le cahier des charges Wauquiez-Chatel, unanimement condamné au CNESER et au CSE, ainsi que par la communauté éducative et universitaire. La situation exige des mesures transitoires exceptionnelles. Un cahier des charges provisoire, qu'il est possible de soumettre au CNESER et au CSE dès Juillet, doit assurer un cadrage national des contenus. Le potentiel de formation des IUFM, qu'il faut conforter par un fléchage des moyens (budget, postes...), pourrait être renforcé par des maîtres-formateurs et des formateurs associés, permettant de reconstituer des équipes pluri-catégorielles et de faire face aux besoins pour la rentrée 2012. Le SNESUP, avec la FSU, intervient en ce sens.
Le premier gouvernement du président François Hollande a annoncé deux lois d'orientation concernant l'Enseignement scolaire et l'Enseignement supérieur et la Recherche, dont la discussion va être en partie simultanée. L'organisation d'Assises - pour laquelle le SNESUP fait des propositions - devrait précéder l'écriture d'une nouvelle loi d'orientation de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche devant se substituer à la loi Pacte pour la Recherche et à la
loi LRU. C'est dans le cadre de la nouvelle loi sur l'Enseignement scolaire que se discutera la formation des enseignants. La nécessaire démocratisationde l'enseignement supérieur, une formation des enseignants permettant réellement la réussite de tous, voilà des raisons pour articuler ces deux lois d'orientation. Le SNESUP doit faire valoir ses propositions, en particulier sur une formation universitaire professionnelle des enseignants dans des IUFM rénovés et sur l'hypothèse d'un continuum « bac - 3, bac + 3 », qui ne doit pas mener à des collèges universitaires de premier cycle, coupés de la recherche et sous contrôle des régions. Aux syndiqués et à tous les personnels de s'investir dans les débats sur le contenu des deux lois. C'est une condition pour faire aboutir les revendications de la communauté universitaire.
Alors profitons de quelques semaines de vacances pour pouvoir être présents et actifs à la rentrée sur le terrain professionnel, dans les débats publics et l'action. L'avenir des jeunes et celui du service public d'éducation en dépendent.
Focus |
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| IUFM, une rentrée cruciale par le Collectif FDE |
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| Rapport HCE sur le projet de cahier des charges Wauquiez-Chatel par Thierry Astruc |
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Dossier. Formation des enseignants : les actes du congrès du Mans 2012 |
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| Coordonné par Thierry Astruc |
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| Mesures d'urgence pour 2012/2013 |
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| Mandats adoptés au congrès |
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