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Le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU demandent l'annulation des conventions État-IDEX

Le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU demandent l'annulation des conventions État-IDEX

Parmi les tout derniers actes de la présidence Sarkozy, figure la signature précipitée des conventions liant l'État aux entités lauréates de l'appel à projets "Initiatives d'Excellence" (IdEx) issues du "Grand emprunt" de 2009. Les conventions liant l'État à l'IdEx Paris-Saclay ou à l'IdEx SUPER (Sorbonne Université) ont ainsi été signées quelques jours à peine avant le premier tour des élections présidentielles, le 19 avril 2012, sur fond de lourde intimidation de la part du gouvernement. Ces conventions ne sont pas de simples conventions de financement, mais préemptent l'avenir quant à la conception pédagogique, l'organisation de la recherche et la structuration des nouveaux ensembles créés (fusion d'universités, grand établissement, EPCS).

Le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU dénoncent depuis 2009 les opérations issues du "Grand Emprunt" (LabEx, EquipEx, IDEFI, IdEx) et la menace qu'elles font peser sur le service public de l'enseignement supérieur et de la recherche. En concentrant les moyens financiers de l'emprunt sur huit à dix conglomérats académiques, l'appel à projets IdEx creuse les inégalités entre personnels, entre étudiants, entre établissements, entre territoires, souvent même au sein d'un même territoire (« périmètres d'excellence »). Avec le transfert de la masse salariale aux établissements, la diminution des crédits budgétaires, la mise en œuvre de la nouvelle licence et la volonté d'attirer les étudiants étrangers pouvant payer cher leurs études, cette politique est à l'opposé des exigences de démocratisation de l'ESR. En éliminant certains établissements, elle obère le développement des coopérations scientifiques et pédagogiques librement élaborées entre partenaires d'établissements publics. Elle constitue un pas vers de nouveaux déserts universitaires, qui écarteraient de nombreux étudiants - notamment ceux d'origine modeste - de la poursuite d'études universitaires jusqu'au plus haut niveau.

La signature au pas de charge des conventions État-IdEx vise en outre à verrouiller des transformations institutionnelles qui bafouent tous les principes de représentation collégiale et démocratique. La mise en place des "gouvernances resserrées" expressément requises par l'appel à projets IdEx s'opère en force, en contournant les conseils élus des établissements, dans une opacité complète.

À l'heure où la communauté scientifique exige une rupture avec les politiques menées, passant par l'abrogation de la loi LRU et de la loi Pacte pour la Recherche, concevoir notamment des conseils plus démocratiques et la collégialité dans les décisions n'a pas de sens si les IdEx sont maintenus. Ces structures bloquent sur huit sites universitaires toute évolution que devrait permettre entre autres une nouvelle législation d'ensemble pour l'enseignement supérieur et la recherche.

Le SNESUP-FSU et le SNCS-FSU, organisations syndicales majoritaires chez les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs, considèrent que la signature de l'État ne peut être engagée par un tel coup de force de dernière minute. Après l'annonce de l'abrogation prochaine du décret sur l'évaluation des enseignants du secondaire, imposé par le gouvernement sortant dans des conditions similaires de précipitation, le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU demandent l'annulation des conventions État-IdEx et la remise à plat des dispositifs du "Grand Emprunt" dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche. Dans l'état de colère où cinq années de politique « sarkozyste » ont laissé la communauté universitaire et scientifique, une telle mesure immédiate constituerait un des premiers signaux attendus par les personnels et les étudiants de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Le SNESUP-FSU et le SNCS-FSU demandent à être parties prenantes des concertations annoncées sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche et y feront entendre leurs propositions alternatives.

Paris, le 14 mai 2012

 

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